Comme l’a souligné le Wall Street Journal dans son éditorial de jeudi dernier, Donald Trump ne disposait que de deux options : changer de stratégie ou ne rien faire, au risque de se retrouver dans une situation encore plus délicate que celle dans laquelle son prédécesseur, George W. Bush, avait entraîné les États-Unis en Irak en 2003.
L’actuel locataire de la Maison-Blanche semble avoir opté pour la première solution en ordonnant de nouvelles frappes contre l’Iran. Dans la foulée, il annonçait sur Fox News de lourdes attaques visant des infrastructures civiles iraniennes. Cette fois, la cible était même clairement identifiée : l’usine de dessalement qui alimente Téhéran et sa périphérie en eau potable. L’objectif affiché était de contraindre l’Iran à poursuivre les négociations. Mais à peine une heure plus tard, coup de théâtre.
Revirement de dernière minute. Donald Trump affirme avoir trouvé « un très bon accord » avec l’Iran et assure que sa signature est imminente. « Nous venons de trouver un très bon accord pour mettre fin à la guerre avec l’Iran et, une fois les documents finalisés, ce qui devrait être fait dans les prochains jours, nous aurons probablement une signature, peut-être en Europe », déclare le président américain depuis le Bureau ovale. Face aux journalistes, il ajoute : « Le paragraphe le plus important est que l’Iran n’aura pas l’arme nucléaire. C’est un excellent accord pour les États-Unis et pour les Iraniens, qui auront la possibilité de reconstruire leur pays ». Toutefois, au cours de cette même déclaration, Donald Trump, qui n’a cessé d’affirmer que son armée contrôlait totalement le détroit d’Ormuz, laisse échapper un aveu de taille : « Une fois l’accord signé, le détroit sera rouvert ». Or, on ne rouvre que ce qui a été fermé. Autrement dit, contrairement à ce que le président américain a souvent affirmé, l’Iran, malgré son affaiblissement, demeure le seul maître de cette voie maritime stratégique. Dès lors, les déclarations du républicain peuvent apparaître davantage comme des éléments d’une bataille de communication que comme le reflet exact de la réalité du terrain.
Dans ce dossier particulièrement mouvant, tout peut encore être renégocié, modifié, réajusté ou remis en cause par les différentes parties
Certains éditorialistes y voient même une opération destinée à influencer la perception du conflit. Cette lecture est alimentée par les informations communiquées par l’Iran lui-même concernant le projet d’accord actuellement discuté avec Washington. Selon un média diffusant depuis Téhéran, ce texte serait particulièrement favorable aux Iraniens : fin de la guerre, y compris au Liban, ouverture d’une période de soixante jours de négociations sur la question nucléaire, maintien du contrôle iranien du détroit d’Ormuz et déblocage de 24 milliards de dollars d’avoirs gelés. Il convient toutefois de rappeler qu’il ne s’agit, à ce stade, que d’un projet. Rien de concret n’a encore été officiellement acté. Dans ce dossier particulièrement mouvant, tout peut encore être renégocié, modifié, réajusté ou remis en cause par les différentes parties. Une chose paraît néanmoins certaine : l’opinion internationale aspire à voir ce conflit prendre fin. L’escalade des tensions, les menaces répétées et les risques de déstabilisation régionale suscitent une lassitude croissante à travers le monde.
La gravité de la situation n’épargne désormais plus aucun secteur, pas même le sport. Justement, beaucoup voyaient en Gianni Infantino l’homme capable d’exercer une influence sur Donald Trump et de contribuer à l’apaisement des tensions. La déception est immense. Le président de la Fifa vient de montrer à la face du monde son impuissance, restant silencieux sur des questions pourtant directement liées aux valeurs universelles que son organisation affirme défendre. Même lorsque l’arbitre somalien Omar Artan, officiel de la Fifa, a été refoulé par les autorités américaines, Gianni Infantino s’est contenté de déclarer : « Nous ne contrôlons pas tout ». Et pourtant, la Fifa sait parfois se montrer exemplaire. Elle a ainsi trouvé le moyen d’accréditer le journaliste français Christophe Gleizes, actuellement emprisonné en Algérie. Un geste salué par Reporters sans frontières (Rsf), qui y voit « une manifestation de soutien fort ». Tout un symbole. Mais aussi, hélas, une illustration des contradictions et des disparités qui continuent de marquer le système international contemporain.
abdoulaye.diallo@lesoleil.sn

