Avec 2 000 tonnes de semences de riz attendues en 2026, contre un objectif initial de 800 tonnes, KOPIA Sénégal et l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) accélèrent la production rizicole en Casamance. Leur défi commun est de transformer cette performance en riz local commercialisé sous la marque « K-Rice Casamance », avec 100 tonnes visées dès 2027 et une montée en puissance du repiquage mécanisé jusqu’à 500 hectares en 2029.
ZIGUINCHOR– Dans le sud du pays, la bataille pour l’autosuffisance en riz se joue désormais sur deux fronts. D’abord, il faut produire davantage et mieux vendre le riz local. Le centre KOPIA Sénégal et l’ISRA entendent relever ce défi grâce au projet « K-Rice Casamance », qui associe semences de qualité, mécanisation et commercialisation. Avec des objectifs ambitieux pour les prochaines années, les deux partenaires souhaitent faire de la riziculture un véritable moteur de développement agricole.
En 2026, le projet a permis d’aménager 566 hectares de périmètres semenciers dans le bassin de l’Anambé, à Kolda, et dans la région de Ziguinchor, avec 128 producteurs. « Nous misons sur la variété ISRIZ7 pour assurer un approvisionnement régulier en semences de qualité et améliorer les rendements », a expliqué Kim Young Jun, expert du centre KOPIA Sénégal, lors d’une rencontre avec la presse.
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Pour accompagner les producteurs, 15 sessions de formation ont été organisées au profit de 721 bénéficiaires, avec un accent sur les techniques de repiquage, l’utilisation des intrants et la lutte contre les maladies et les ravageurs. Au Centre de recherches agricoles de Djibélor, Siméon Bassène, responsable de la production de semences de pré-base, insiste sur la nécessité de moderniser les pratiques.
« Le travail manuel ne permettra pas, à lui seul, de cultiver les superficies nécessaires à l’autosuffisance en riz. La mécanisation devient donc indispensable », a-t-il souligné. Grâce aux machines de préparation des pépinières introduites par KOPIA, une semaine suffit désormais pour effectuer des travaux qui prenaient auparavant un mois sur des superficies couvrant les besoins de cinq hectares.
La mécanisation pour changer d’échelle
Les ambitions du projet se précisent pour les prochaines années. Le repiquage mécanisé, prévu sur 10 hectares en 2027, devra passer à 100 hectares en 2028, puis à 500 hectares en 2029. Des tracteurs, des repiqueuses, des moissonneuses-batteuses et 100 batteuses à riz sont aussi envisagés pour faciliter les opérations et accroître la production.
En partenariat avec la coopérative « KABEKEL KUNAARE », qui regroupe 1 151 membres dans les régions de Ziguinchor, Kolda et Sédhiou, le centre KOPIA prépare la mise sur le marché du riz sous la marque « K-Rice Casamance ».
Pour 2027, l’objectif annoncé est de commercialiser 100 tonnes de riz, de réaliser un chiffre d’affaires de 70 millions de F Cfa et d’ouvrir trois points de vente. « Nous voulons renforcer la disponibilité de semences de qualité, améliorer les revenus des producteurs et contribuer durablement à l’autosuffisance en riz au Sénégal », a affirmé Kim Young Jun.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


