Le 2 avril dernier, le Sénégal venait de marquer les esprits dans le domaine des sciences spatiales en remportant, à Bordeaux, en France, le premier prix mondial ActInSpace 2026. Une première historique pour l’Afrique. Le concours est organisé par l’Agence spatiale européenne (Esa) dont le siège se trouve à Paris et le Centre national d’études spatiales (Cnes) de France.
C’est la consécration du travail acharné d’une équipe de jeunes ingénieurs-élèves de Dakar american university of science et technology (Daust) de Mbour, une université scientifique et technologique. A rappeler que cette équipe a d’abord démontré son savoir-faire au plan national, avant d’être encadrée par l’Agence sénégalaise d’études spatiales (Ases) dont le Directeur général, Maram Kaïré, a magnifié cet important succès.
« C’est une grande victoire pour l’Ases, pour nos grandes écoles de formation d’ingénieurs », dixit M. Kaïré pour qui, « ce n’est que le début dans le domaine ». L’équipe de Daust a su surclasser 22 pays, mettant en lumière l’excellence et l’innovation des jeunes sénégalais. Après l’équipe de Daust, le Sénégal s’est hissé sur le toit de l’Afrique à la 4è édition du Gitex Maroc (du 7 au 9 avril 2026) grâce à la startup « Al-karangué ».
Gitex Afrique Maroc récompense les plus beaux projets du continent avec le compétition « Cyber & Al Achiever Awards ». Le concours a enregistré plus de 7.300 participations pour récompenser finalement 4 startup dont celle du Sénégal « Art’Beau-Rescence » dans la catégorie « meilleure entreprise en intelligence artificielle » à travers son produit Al-Karangué conçue pour transformer la sécurité routière et la gestion de la flotte au Sénégal. (Cf. Seneweb du 11 avril 2026) Ces deux victoires (Dieu sait qu’il y en a tant d’autres dans notre pays) prouvent une seule chose : une éducation de qualité est possible dans notre pays. Elles rappellent la célèbre phrase du ministre de l’Education nationale, Moustapha Mamba Guirassy, lors de la 5è édition de remise, le lundi 13 avril 2026, à Diamniadio, des Prix des Olympiades de mathématiques, remportées par les élèves en classe de Terminale, Aba Lô du lycée de Mbacké 3 et Marguerite Ndiaye du lycée Ameth Fall de Saint-Louis : « le futur du Sénégal et de l’Afrique se joue dans l’excellence académique ».
Le succès de Daust a fait dire à un internaute que la « la vraie compétition est là et non dans les réseaux sociaux ». Quelle pertinente réflexion ! Les jeunes sénégalais doivent exceller dans les sciences, la technologie et surtout dans l’innovation. C’est cela le principal défi à relever par les autorités, les enseignants, les parents, la société civile, avec le soutien des Partenaires techniques et financiers (Ptf).
En somme, le travail est collectif. Autrement dit, l’école est l’affaire de tous. Ce d’autant plus que l’excellence ne se décrète pas. Elle se construit. Selon le Global partnership for education (Partenariat mondial pour l’éducation), construire l’excellence dans l’éducation nécessite une approche systémique combinant la formation continue des enseignants, des programmes inclusifs et centrés sur l’élève, des infrastructures modernes, et une vision partagée valorisant l’effort, la créativité et la pensée critique. Elle repose sur un écosystème où enseignants, parents et communauté collaborent. Non sans citer les sept ingrédients d’une excellente éducation : commencer tôt, former les enseignants, rendre l’éducation inclusive, ne laisser aucune fille de côté, produire des données de qualité, se concentrer sur l’apprentissage et renforcer le système éducatif. https://www.globalpartnership.org, Les 7 ingrédients d’une excellente éducation, 24 janvier 2019).
Et d’après le think tank française, la Conférence des grandes écoles (Cge), l’excellence éducative se définit aujourd’hui moins par la sélection que par la capacité à offrir un environnement stimulant qui permet à chaque élève de s’épanouir et d’acquérir les compétences nécessaires pour le monde de demain. C’est cela la voie à suivre. daouda.mane@lesoleil.sn

