Pour faciliter aux adolescents et aux jeunes l’accès à des contenus fiables, le Réseau africain pour l’éducation, la santé et la citoyenneté (Raes) a lancé, en 2020, l’application mobile « Hello Ado ». Présente dans plusieurs pays, elle permet de les orienter vers des services de santé, afin qu’ils puissent bénéficier d’un premier accompagnement par rapport à leurs préoccupations, notamment au moment de la puberté.
L’acné, les premières règles, les transformations physiques, les démangeaisons, les infections. Voilà, entre autres, autant de sujets qui préoccupent les adolescents au moment de la puberté. Malheureusement, la plupart d’entre eux éprouvent des difficultés à évoquer ces questions avec leurs parents. Pour les aider à trouver des réponses adéquates liées à leur santé reproductive, le Réseau africain pour l’éducation, la santé et la citoyenneté (Raes), avec le soutien de l’Unesco, a mis en place, depuis 2020, l’application dénommée « Hello Ado ».
« C’est un dispositif du programme « C’est la vie ! ». Il y a la série, la plateforme digitale et tout l’écosystème. « Hello Ado » vient renforcer ce dispositif. Aujourd’hui, c’est une application mobile disponible sur Android et aussi iOS qui possède quatre fonctionnalités clés », renseigne Sira Niang, chargée du projet « Hello Ado ». Constatant que les jeunes consomment énormément de contenus sur les réseaux sociaux, la fonctionnalité primaire de cette application concerne ce volet. « L’idée est que l’application puisse proposer des vidéos, des articles courts, des infographies sur la santé, des podcasts et des contenus audio », indique Mme Niang, soulignant que la deuxième fonctionnalité est la localisation.
« Lorsqu’un jeune télécharge l’application « Hello Ado », s’il se trouve à Dakar ou à Ouagadougou, il peut voir les centres de santé situés à deux ou trois kilomètres autour de lui. Il y a aussi un service juridique parce qu’on peut parfois être confronté à des situations compliquées. Il existe également un accompagnement sur le plan social. Enfin, l’application permet d’accéder à des centres de traitement, notamment pour des maladies comme le Vih, afin d’orienter les jeunes vers les structures où ils pourront recevoir un traitement », explique-t-elle.
Un autre point concerne le forum avec un chat intégré à l’application et modéré par des jeunes leaders engagés. « Si un jeune souhaite poser une question sur sa santé, il peut écrire directement sur le chat. Des membres de sa communauté pourront lui répondre : ‘‘si tu as ce problème-là, tu peux nous contacter via l’association ou te rendre dans ce centre de santé’’ », renchérit la chargée du projet « Hello Ado » de l’Ong Raes. Elle fait savoir qu’aujourd’hui, l’application est téléchargée par plus de 150.000 personnes. « Chaque mois, nous comptons entre 30.000 à 40.000 utilisateurs », relève Sira Niang. Elle affirme que cet outil est disponible au Burkina Faso, au Sénégal, au Mali, au Gabon, au Togo et au Congo.
« L’application couvre ainsi une grande partie de l’Afrique francophone de l’Ouest et du Centre », précise-t-elle, soulignant que le chat constitue un premier niveau d’accompagnement. « Lorsqu’un jeune exprime une difficulté, nous lui répondons avec empathie, nous lui proposons des conseils et nous l’encourageons à consulter un professionnel », confie Mme Niang. L’objectif est de s’assurer d’une complète prise en charge et que toute personne qui sollicite la plateforme obtienne une réponse adaptée à sa préoccupation.
Au-delà de la visibilité et du nombre de téléchargements, il est constaté une utilisation réelle de l’application. Pour la chargée du projet « Hello Ado », les jeunes consultent beaucoup la rubrique « Services ». « Nous voyons qu’ils recherchent effectivement des services de santé. Le référencement peut parfois être compliqué, mais les comportements que nous analysons montrent un intérêt pour les contenus, la recherche de services grâce à la fonction de localisation. »
Toutefois, Sira Niang fait part de difficultés liées à la connectivité. Heureusement que des initiatives sont mises en œuvre pour corriger cette limite. « Dans certaines zones où la connexion Internet est limitée, l’application dispose d’un mode hors ligne ou d’un mode faible consommation de données ; ce qui permet malgré tout aux jeunes d’y accéder », se réjouit-elle.
Maïmouna GUÈYE

