Un atelier de suivi et d’évaluation sur les activités des conseils de quartier de Richard-Toll s’est tenu du 24 au 25 juin. Avec la collaboration de la mairie de Barcelone, de l’ONG MON-3 et de l’ARD de Saint-Louis, l’objectif est de repérer leurs besoins en moyens afin de répondre aux besoins de la population. Malgré un engagement remarquable, la question des moyens financiers constitue une limite majeure dans la mise en œuvre des initiatives locales.
Après plus d’un an de mise en place, les 13 conseils de quartier de la commune de Richard-Toll ont fait l’objet d’un atelier d’évaluation et de suivi organisé avec l’appui de l’ONG MON-3. L’objectif principal est de dresser un bilan réaliste de leur fonctionnement et de leur donner les moyens d’agir concrètement au service des populations. Instaurés dans le cadre du programme « Bonne gouvernance et participation citoyenne », soutenu par l’Agence catalane de coopération au développement (ACCD), la Ville de Barcelone et l’ARD de Saint-Louis, ces conseils représentent une avancée significative dans la démocratisation de la gestion locale. Depuis leur installation effective en mai 2024, ils sont chargés d’identifier les priorités de leurs quartiers et de mettre en œuvre des plans d’action.
L’atelier de deux jours (24 et 25 juin) a permis aux membres des conseils de présenter leurs rapports d’activités, d’évaluer le degré de réalisation de leurs plans d’action prioritaires (PAP) et d’identifier les principales difficultés rencontrées. Le constat est mitigé car, si le dynamisme et l’engagement des conseillers sont salués, le manque de ressources financières a constitué un frein majeur à la réalisation de plusieurs activités prévues. Babacar Gaye, président de la commission municipale de bonne gouvernance, a annoncé des mesures concrètes pour soutenir ces instances. « Nous avons mis l’accent sur les déchets plastiques. Il est important qu’ils soient bien gérés et confinés. Pour cela, nous avons signé une convention avec Daba Fall, qui gère l’industrie plastique (DBF Plastech). À travers cette convention, elle va travailler avec les conseils de quartier », souligne-t-il. De fait, chaque jour, elle mettra en place une moto qui fera le tour des quartiers pour ramasser ces déchets. M. Gaye a par ailleurs révélé que la mairie accordera un appui financier direct de 500 000 francs CFA à chaque conseil de quartier, tout en poursuivant un accompagnement régulier.
De son côté, Thierno Mountaga Amadou Diallo, président du collectif des conseils de quartier, a dressé un bilan franc. « On a noté qu’il y a beaucoup de difficultés, indique-t-il avant de poursuivre. Il y a eu des activités qui n’ont pas été faites… faute de moyens. » Chaque conseil a cependant rempli des fiches d’identification, de fonctionnement et d’évaluation. Une fiche de projet a également été élaborée, ouvrant droit à un financement de l’ONG MON-3 compris entre 300 000 et 500 000 francs CFA par mini-projet. Ces projets devront être de nature économique et rentable, afin de permettre aux conseils de générer leurs propres ressources et de gagner en autonomie. « Ce n’est pas minime, c’est pour débuter », a souligné Thierno Mountaga Amadou Diallo, tout en insistant sur la nécessité pour les conseils de s’approprier pleinement ces outils.
L’atelier a également mis en lumière la volonté collective de transformer ces instances en véritables moteurs de développement local, notamment dans la gestion de l’environnement, avec l’objectif d’une « ville verte » et la promotion d’initiatives économiques de proximité. Avec ce double mécanisme de soutien que sont la subvention directe de la mairie et le financement de projets par MON-3, les conseils de quartier de Richard-Toll disposent désormais de conditions plus favorables pour passer d’une participation formelle à une réelle force de proposition et d’action au cœur des quartiers.
Tidiane SOW (Correspondant)


