Dans le département de Médina Yéro Foulah, l’absence d’ambulances médicalisées et de pistes praticables a érigé la charrette à traction animale au rang d’équipement de secours vital. À Saré Maoundé, ce moyen de transport rudimentaire, habituellement réservé aux travaux agricoles ou au transport de marchandises, devient le dernier rempart contre la mort lors des urgences médicales.
Pour les femmes enceintes sur le point d’accoucher ou les malades graves, le voyage se transforme systématiquement en chemin de croix. Allongés sur une planche de bois brut, parfois recouverte d’un simple pagne, les patients subissent les secousses violentes des pistes défoncées. En période d’hivernage, le calvaire se double d’un défi physique pour les passeurs. Les hommes du village doivent pousser l’attelage à bout de bras, immergés jusqu’au cou dans des eaux stagnantes et boueuses.
Faute de voies de communication de base, la charrette reste le symbole tragique d’un « système D », où la survie ne tient qu’à la force des bras de la communauté.
I. KANDÉ (Correspondant)
Image d’illustration générée par l’IA


