Réduire la fracture numérique et faire des technologies un levier d’autonomie pour les personnes vivant avec un handicap visuel. C’est l’ambition de la session de formation de quatre jours, ouverte ce mardi, à la mairie de Biscuiterie par le Cadre de concertation citoyenne et la Fondation ST Sénégal.
À l’heure où le Sénégal accélère sa transformation numérique afin de moderniser ses services publics et de développer une économie digitale inclusive, l’accès aux technologies demeure inégal pour les personnes déficientes visuelles. Le manque de formations adaptées, la faible accessibilité des contenus numériques et le coût élevé des outils spécialisés limitent encore leur accès à l’éducation, à l’emploi et aux services essentiels.
C’est pour répondre à ces défis que la Fondation STMicroelectronics, en partenariat avec l’Union internationale des télécommunications (Uit), déploie le programme IcB4VI consacré au développement des compétences numériques des personnes malvoyantes et non voyantes. L’objectif est de renforcer leur autonomie, leur inclusion sociale et leur employabilité grâce à des formations adaptées aux réalités de ce public.
Présidant l’ouverture des travaux, l’adjoint au maire de la commune de Biscuiterie, Ndiaga Dieng, a salué une initiative qui s’inscrit pleinement dans la politique d’inclusion portée par la collectivité territoriale. Il a rappelé que le développement d’un territoire passe par un partage équitable des opportunités entre tous les citoyens, y compris les personnes vivant avec un handicap. L’élu a plaidé pour la poursuite de ce programme afin que davantage de personnes malvoyantes et non-voyantes puissent en bénéficier.
Coordinateur national de la Fondation ST Sénégal, Wally Faye a informé que depuis le lancement du programme en 2022, la Fondation s’emploie à leur offrir les compétences nécessaires pour maîtriser les outils informatiques et accéder à une plus grande autonomie.
À ce jour, près de 700 personnes malvoyantes et non-voyantes ont déjà été formées à travers le Sénégal. La session de Biscuiterie accueille quatorze participants représentant plusieurs régions, notamment Dakar, Thiès, Kolda et Ziguinchor. Quatre centres sont aujourd’hui opérationnels sur le territoire national.
Wally Faye indique que les résultats obtenus sont particulièrement encourageants tout en soulignant que plusieurs étudiants sénégalais ayant suivi ces formations poursuivent aujourd’hui leurs études en Europe sans passer par les classes préparatoires autrefois exigées en raison de leur faible maîtrise de l’informatique.
Formateur au centre de Biscuiterie, Adama Diop témoigne des progrès enregistrés en indiquant que le centre a déjà assuré la formation de près de 550 personnes déficientes visuelles depuis 2022.
Daouda DIOUF

