Serigne Mouhamadou Moustapha Sy « Al-Mourchid », responsable moral du « Daahira Moustarchidine wal Moustarchidati » et fils biologique de Serigne Cheikh « Al Maktoum » et de Sokhna Safiétou Dème tire sa légitimité, son aura et sa pertinence intellectuelle de sa lignée paternelle et maternelle. Cette forte personnalité de missions doublée d’un leader charismatique aux énormes responsabilités a mené depuis toujours une vie de combats multiformes au Sénégal et dans le monde.
Serigne Mouhamadou Moustapha Sy « Al-Mourchid » (le Guide), est né à Tivaouane en 1953 où il a fait toutes ses humanités et sa formation. Leader charismatique d’une urbanité exquise et aux fortes convictions, il tire sa légitimité et son aura de ses ascendants. Trois érudits de dimension religieuse, mystique et intellectuelle exceptionnelle que sont ses vénérés grands-pères Serigne Babacar Sy, Cheikh Seydil Hadji Malick Sy, El Hadji Abdoul Hamid Kane de Kaolack et El Hadji Ahmadou Dème de Sokone. Eloquent et fin communicant, il occupe depuis le milieu des années 1990 et de façon épisodique, le devant de l’actualité socio-politique pour livrer ses convictions et dénoncer ouvertement les injustices et crises que traversent le pays.
« Serigne Moustapha est l’incarnation de toutes les vertus qui caractérisent ses ascendants », a témoigné un de ses proches. Ses conférences publiques, orientations spirituelles et autres déclarations engagées et sorties retentissantes, très scrutées par ses coreligionnaires et l’opinion publique, sont toujours l’objet de controverses dans l’espace public.
Ayant une claire conscience de sa mission de vivifier davantage l’immense legs de ses aïeuls et des nombreuses responsabilités qui ploient sur son dos, il a réalisé la prouesse d’implanter en un temps record la Daahira sur toute l’étendue du territoire national. Le responsable moral a aussi réussi à créer autour de sa forte personnalité à la fois une dynamique interne collective de ses disciples et les conditions d’un grand rassemblement spirituel et socio-politique uni et solidaire.
Après le maillage du Daahira sur le territoire national de sa création en 1978 à 1985, Serigne Mouhamadou Moustapha Sy, organisé et méthodique, est parvenu à structurer le regroupement en leur fixant un agenda composé de divers grands rendez-vous. Innovateur et perfectionniste dans l’âme, il conçut un programme d’activités pour occuper utilement ses disciples.
Toutefois, en raison du leadership et du charisme de son responsable moral et la structuration singulière du Dahira aux activités diverses, différentes péripéties vont jalonner la vie et l’évolution du « Daahira Moustarchidiin Wal Moustarchidaati ».
Ce regroupement de disciples dévoués a fini de faire de la Qassîda de Cheikh Seydil Hadj Malick Rta intitulée « Wassîlatoul Mounaa » (Rabboun Tabaaraka) célébrant le « Tawhîid » (Unicité de Dieu) son cri de ralliement spirituel.
Il est devenu, au fil temps, un de ces « clubs mystiques où se forment les athlètes de l’islam et de la Tarîqha Tidjaaniya » les plus dynamiques du pays doublée d’une force socio-politique incontournable à travers le « Parti de l’Unité et du Rassemblement » (PUR).
Une vie de combats multiformes
Avec la discipline militante en bandoulière, le Parti a énormément secoué les fondements politico-institutionnels du régime socialiste trentenaire d’alors incarné par le président Abdou Diouf durant les années de braise 1988.
C’est ainsi qu’àla veille des élections de 1993, Serigne Moustapha Sy, alors âgé de quarante ans, donna aux Moustarchidines, le 13 février 1993, la consigne de voter pour le Parti démocratique sénégalais et le pape du Sopi, Me Abdoulaye Wade, opposant radical au régime socialiste du président Abdou Diouf.
S’ensuivirent de violents événements que le 16 février 1994 qui a vu la mort de six policiers suivi de la démission du juge Kéba Mbaye, président du Conseil constitutionnel et l’assassinat, le 15 mai 1993 de son successeur, le vice-président Me Maître Babacar Seye.
Le candidat président sortant Abdou Diouf fut déclaré vainqueur. Toutefois, le régime socialiste perdit pour la première fois Dakar la capitale qui bascule dans l’escarcelle de l’opposition.
Le 23 octobre 1993, il dénonçait, lors d’un meeting organisé par l’opposition regroupée autour de la Coordination de Forces Démocratiques) sur le Boulevard Gl De Gaulle, les trois crises (Compétence-Confiance-Autorité) du régime socialiste de Diouf.
Il fut arrêté le 30 octobre 1993 au petit matin. Ce fut la traversée du désert.
Après une manifestation organisée pour dénoncer son arrestation et exiger sa libération, Ses deux frères Babacar et Maodo ainsi que son oncle paternel Serigne Pape Malick Sy, furent à leur tour arrêtés avec de nombreux disciples moustarchidines et des leaders de l’opposition parmi lesquels Me Abdoulaye Wade et Landing Savané puis libérés par la suite le 5 juillet 1994.
Les moustarchidines furent jugés et libérés le 19 juillet 1994 suite à un non-lieu.
Rejetant toute médiation pour son élargissement, il déclara depuis sa cellule que « Ils m’ont arrêté arbitrairement, ils n’ont qu’à me juger arbitrairement ».
Les activités du Dahira sont gelées suite à la décision de l’autorité d’alors de dissoudre le Dahira.
Le 12 septembre 1994, il bénéficia d’une grâce présidentielle et sera libéré. Un séjour carcéral qui l’a revigoré et davantage propulsé au-devant de la scène publique, au grand dam de ses geôliers et contempteurs.
Depuis lors, Serigne Moustapha continue de livrer avec détermination ses convictions et de dérouler librement ses activités d’éducation et d’instruction des masses, la jeunesse et les femmes en particulier.
Enfin, pour engranger des suffrages, les différentes chapelles politiques du pays, majorité comme opposition, sollicitent son compagnonnage et son appui multiforme.
Mamadou Lamine DIEYE


