À l’heure où le Parti communiste chinois (PCC) a célébré le 105eme anniversaire de sa fondation, le 1er juillet 2026, l’histoire moderne de la Chine résonne de manière singulière pour le Sud global, et particulièrement pour le continent africain. Il n’y a pas si longtemps, la Chine et de nombreux pays africains partageaient le même point de départ : des nations confrontées au défi titanesque du sous-développement et de la pauvreté de masse.
Pourtant, un tournant historique a été franchi. Fin 2020, la Chine a annoncé avoir éradiqué l’extrême pauvreté selon les critères actuels, sortant ainsi près de 800 millions de personnes de la précarité. Ce succès, qualifié de miracle par les institutions internationales, n’est pas le fruit du hasard. Il est le résultat d’un engagement politique centenaire et d’une méthode rigoureuse qui prouvent aujourd’hui une chose : la pauvreté n’est pas une fatalité.
« Le peuple au centre » : la force d’une volonté politique
Pourquoi la Chine a-t-elle réussi ? La réponse réside d’abord dans une philosophie politique claire : « placer le peuple au centre ». Contrairement aux approches axées sur la seule croissance du capital, le PCC a érigé le bien-être social en priorité absolue de l’État.
Cette vision s’est traduite par une mobilisation générale sans précédent. L’éradication de la pauvreté est devenue une tâche politique impliquant tous les échelons du pays. Des hauts dirigeants jusqu’aux cadres de base, une structure de responsabilité stricte a été mise en place. Plus de trois millions de fonctionnaires et de jeunes membres du Parti ont quitté le confort des villes pour s’installer durablement dans les villages les plus reculés afin de mener ce combat sur le terrain.
La méthode chinoise : l’autonomisation ciblée
Au-delà de la volonté, c’est la méthode qui a fait la différence. La Chine a abandonné les politiques d’assistance passive pour inventer la « réduction ciblée de la pauvreté ». L’idée est de répondre aux causes de la précarité par des solutions sur mesure, à travers trois piliers :
Premièrement, le désenclavement numérique et logistique. En déployant massivement la 5G et des réseaux logistiques dans les campagnes, l’État a permis aux agriculteurs des régions isolées de vendre directement leurs produits sur le marché national via l’e-commerce.
Deuxièmement, l’éducation pour briser le cycle intergénérationnel. Des investissements massifs ont été injectés dans les écoles rurales pour s’assurer que la pauvreté ne se transmette pas à la génération future.
Troisièmement, la réinstallation écologique. Pour les populations vivant dans des zones aux conditions naturelles trop extrêmes, l’État a financé des déplacements volontaires vers des logements neufs, proches des pôles d’activités.
Un écho et une solidarité profonds avec l’Afrique
Dans le cadre de la coopération Sud-Sud, la Chine ne conçoit pas son développement de manière isolée. Les solutions éprouvées sur le sol chinois traversent aujourd’hui les océans. Qu’il s’agisse des projets de forage de puits et d’assistance agricole au Sénégal pour sécuriser l’accès à l’eau et à l’alimentation, ou de la technologie de l’herbe Juncao en République centrafricaine, la Chine partage des technologies pragmatiques, génératrices d’emplois pour les femmes et les jeunes africains.
Mieux encore, le développement passe par le commerce. En supprimant les droits de douane sur 100 % des lignes tarifaires pour tous les pays africains ayant des relations diplomatiques avec elle, depuis le 1er mai 2026, la Chine ouvre largement les portes de son immense marché de 1,4 milliard de consommateurs aux produits « Made in Africa ». Cette mesure historique permet aux nations africaines de transformer leurs ressources en richesses réelles et de financer leur propre réduction de la pauvreté par le commerce équitable.
Des oranges égyptiennes dédouanées à Shanghai, premières à bénéficier de la franchise douanière accordée aux pays africains.
La leçon la plus précieuse de ce parcours n’est pas un modèle rigide à copier, mais une certitude : chaque pays possède le droit et la capacité de trouver sa propre voie vers la modernisation, sans jamais sacrifier sa souveraineté.
Pour la Chine, ce succès n’est qu’un début. Le pays est désormais engagé dans la « revitalisation rurale » pour consolider ces acquis. Comme le rappelle un proverbe bien connu en Afrique : « Seul on va vite, ensemble on va loin ». Sur la route du développement autonome, la Chine et l’Afrique avancent, plus que jamais, côte à côte.
La Chine qui a su mettre fin à l’extrême pauvreté prouve ainsi à l’Afrique que la pauvreté n’est pas une fatalité. Des pays comme le Sénégal peuvent s’inspirer de la réussite chinoise pour relever les défis.
Oumar KANDE, LE SOLEIL et XUE Minhui, journaliste CGTN


