Ce week-end, la République a troqué ses décrets contre des crampons. Ministres et députés, soudain pris d’un irrépressible besoin de ballon rond, ont quitté les bureaux climatisés pour s’essayer au foot. Résultat des courses, les députés infligent un sévère 3 à 0 aux ministres, lesquels auront au moins réussi une chose, confirmer que gouverner et courir après une balle relèvent de deux univers parfaitement étanches.Il faut dire que le football exige une qualité rare en politique, la légèreté. Or comment être léger quand on traîne derrière soi des dossiers épais comme des dimanches sans pain et un supérieur hiérarchique qui confond tableau tactique et tableau Excel. Difficile de cadrer une frappe quand on redoute d’être recadré au prochain conseil.Les députés, eux, jouent libérés. Ils marquent comme ils
votent, parfois sans opposition. Les ministres, en revanche, semblent attendre une validation avant chaque passe. On les imagine lever les yeux au ciel non pour centrer, mais pour demander l’arbitrage du patron. Pendant ce temps, le ballon circule, indifférent aux carrières et aux remaniements. Une belle leçon de démocratie, finalement.
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