«Les fous de la société ». Ce n’est ni le titre d’un polar psychosocial ni le concept d’une téléréalité en manque d’audience. C’est le résumé brutal d’une époque où certains ont fait de la honte un mode de vie. On se croirait dans un remake low-cost de La Folie des grandeurs : des personnages extravagants, mais sans panache, sans humour et surtout sans grandeur.Chez nous, les fous ne portent pas de camisole. Ils arborent des boubous impeccables, des costumes respectables et des sourires de circonstance. Ils serrent des mains, distribuent des conseils, invoquent la morale, puis s’emploient à piétiner tout ce qui fait tenir une société debout. Produits d’un laboratoire clandestin où l’on aurait mélangé impunité, cynisme et déchéance.
Sinon, comment comprendre cette litanie de drames qui ne sont plus des faits divers, mais une rubrique récurrente ? À Kaolack, une fillette de quatre ans. À Fatick, deux mineures. À Touba, un téléphone portable transformé en monnaie sordide de l’abjection.
Des drames qui ne sont pas seulement l’affaire des féministes qui réclamaient la castration des monstres. À défaut, on les entendra. On les verra surtout. À poil pour rajouter à l’indignation…
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