Longtemps, les Dakarois regardaient les films de braquage américains avec détachement. Aujourd’hui, le cinéma a traversé l’Atlantique. À Yoff, un homme cagoulé et armé tente de braquer une banque en plein jour. Scène hollywoodienne désormais en direct sur nos téléphones, entre commentaires, ralentis et experts improvisés.
Le plus inquiétant, c’est que la séquence s’insère dans la programmation habituelle. À la Médina, un amateur de bétail fait ses courses sans passer par la caisse.
Quelques jours plus tôt, un cambrioleur zen, garé comme pour un brunch dominical, moteur coupé, exécute son forfait avec une précision millimétrée. Il manipule la serrure comme un chef étoilé sa truffe.
Parfois, il arme son geste avec le calme d’un bulletin météo annonçant une pluie de plomb. LinkedIn pourrait lui proposer des recommandations. Et puis il y a le phénomène « simol ». Les jours de lutte, Dakar vit sous couvre-feu officieux. Des groupes occupent les rues ; les citoyens calculent leurs déplacements comme en zone de conflit.
Alors il ne manque plus qu’un générique. Hélas ! Et malheureusement, personne ne semble vouloir annuler la saison suivante.
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