À Dar es-Salaam, le pouvoir a choisi la voie lente. La présidente Samia Suluhu Hassan a remisé les SUV rutilants pour faire monter sa délégation dans de simples bus. Le contraste est saisissant. Plus de moteurs vrombissants ni de vitres teintées, seulement des trajets ordinaires dans un pays bousculé par la flambée du carburant.
La décision n’a rien d’anodin. Elle survient au moment où le prix de l’essence s’emballe, sous l’effet de tensions lointaines dont les répliques se font sentir jusque dans les rues tanzaniennes. Ici comme ailleurs, chaque litre compte, chaque déplacement se calcule.
Alors le pouvoir ralentit, se rend visible autrement. Il accepte de renoncer à une part de son apparat pour mieux épouser l’air du temps. Gouverner, dans ces circonstances, ne consiste plus seulement à décider. Il faut aussi incarner une forme de sobriété. L’autorité ne se mesure pas seulement au bruit des cortèges, mais à la capacité de partager les contraintes du moment. Serrer la ceinture, oui, mais ensemble.
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