La Coupe du monde devait être cette parenthèse magique où un pêcheur de Guet-Ndar, un banquier de Tokyo et un berger andin pleurent sur un penalty raté. Le football, nous répète Gianni Infantino, « unit les peuples ». Slogan sublime, mais stoppé net au guichet des visas américains.
Dans ce Mondial 2026, le premier match ne se jouera ni à New York ni à Dallas, mais devant un agent consulaire au regard plus tranchant qu’un arbitre à la 93e minute. Le football promet l’universalité ; le visa rappelle la hiérarchie du monde.
Certains traversent l’Atlantique avec un simple sourire et un passeport qui ouvre toutes les frontières. D’autres arrivent avec relevés bancaires, attestations, garanties, historique familial et, bientôt, un certificat de non-intention d’épouser la Statue de la Liberté.
La levée de la caution pour certains supporters ne change pas l’essentiel. Le soupçon demeure. Selon le député Guy Marius Sagna, 74 % des demandes sénégalaises auraient été rejetées en 2025. À ce stade, un Sénégal–France aux États-Unis relève moins du football que de la diplomatie miraculeuse. Au fond, ce Mondial ne commencera pas par un coup d’envoi, mais par l’hymne officieux du tournoi : « Votre demande de visa a été refusée ».
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