À l’approche de la Tabaski, le mouton n’est plus le seul à prendre du poids. L’angoisse aussi. Dans les maisons, les calculatrices chauffent plus que les marmites, pendant que les parents traquent le bélier “abordable ».
Alors, les tontines refont surface. Promesse de salut pour les uns, piège à illusions pour les autres. À Thiès, selon la presse, un chauffeur se serait volatilisé avec 17 millions de FCfa appartenant à ses collègues. Bis repetita ! Sur TikTok, une autre affaire du même genre embrase les commentaires.
Chaque année, le même scénario. Les cotisations entrent puis un beau jour, c’est la trésorière qui disparaît du groupe. Au Sénégal, certaines tontines ressemblent désormais à des séries à suspense : tout le monde verse, personne ne sait vraiment qui tient la caisse, mais chacune espère un “happy end” avant la Tabaski.
Le plus inquiétant, c’est que ces drames deviennent presque un folklore social. On s’indigne, on partage les audios WhatsApp, puis on replonge dans la même aventure avec un « gars sûr » ou une “drianké de confiance” autoproclamée. La justice devra sévir. Mais la confiance aussi mérite d’être rééduquée.
Une tontine n’est ni un casino ni un acte de foi. Et à force de confondre solidarité et improvisation, certains finissent sacrifiés avant même le mouton.
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