À Diamniadio, la gendarmerie a encore retiré le décor d’un vieux théâtre bien rodé : promesses d’emploi en Europe, discours huilés, PowerPoint lumineux… et réalité bien plus sombre. Une vingtaine de personnes étrangères, attirées comme des papillons vers une ampoule “opportunité”, se retrouvent au centre d’un réseau de type QNET démantelé. Le rêve de visa « joni joni » prend la forme d’une maison louée et d’un tableau de démonstration. Ici, l’ascenseur social a un problème de câble : il monte dans les discours, mais redescend brutalement dans les faits. On promet des contrats, on sert des en-têtes d’entreprise, et parfois même des ustensiles de cuisine pour donner un air de normalité à l’arnaque. Cuisine du rêve, service compris ! Le plus ironique, c’est la mécanique : on vend de l’Europe comme une application miracle, avec “mindset” obligatoire et fortune en option. Sauf qu’au bout, il n’y a ni billet d’avion ni CDI, juste une facture émotionnelle et financière envoyée aux familles. Le principal responsable reste souvent introuvable, pendant que la “formation express au succès” se révèle n’être qu’un mirage bien emballé. Pour dire que quand l’offre d’avenir arrive trop vite, trop belle et trop brillante, ce n’est pas forcément une chance parfois, c’est juste une mise en scène.
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