Pendant que les grandes puissances jouent à « qui bloque le mieux le détroit d’Ormuz », avec un sens du suspense qui ferait pâlir une série mal écrite, le baril grimpe comme un singe affolé et la planète regarde sa facture en se demandant si elle n’a pas raté un épisode. À ce rythme, bientôt on remplira son réservoir avec des promesses diplomatiques, c’est moins cher et tout aussi volatil.
Dans ce décor délicieusement absurde, Donald Trump agite le visa comme d’autres agitent l’encensoir, avec une ferveur qui confine à la vocation mystique. Entrer en Amérique devient une expérience spirituelle, à mi-chemin entre le pèlerinage et la loterie. Et voilà que surgit la Coupe du monde, cette grande messe païenne où des hommes en short prétendent réconcilier les peuples à coups de passes mal ajustées. Gianni Infantino, en apôtre du football universel, confirme la présence de l’Iran. Il faudra, pour convaincre Washington, un mélange rare de diplomatie, de prestidigitation et, pourquoi pas, d’humour. Après tout, dans ce monde-là, il ne reste souvent que cela pour ne pas pleurer.
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