Au Sénégal, l’actualité se lit désormais comme un menu du jour… sauf qu’on hésite de plus en plus à commander. Après le chat servi sous couvert de « mystique », voilà le chien en formule « récupéré-grillé ». À ce rythme, le dibi devient une loterie : on ne choisit plus la brochette, on croise les doigts.
Dimanche à Hamo Téfess, ce n’est pas la police qui a flairé l’affaire, mais un nez citoyen, promu inspecteur des braises. Une odeur suspecte, et voilà le quartier transformé en brigade anti-barbecue. On découvre alors un festin canin, improvisé sans réservation ni scrupules. Le chef, pris la main dans la marinade, plaide le repas entre amis. Circuit court, dit-il, trouvé, grillé, consommé.
Mais au fond, ce n’est pas seulement l’animal qui choque. La facilité l’est tout autant. Chez nous, le raccourci est devenu une philosophie nationale : pourquoi travailler dur quand on peut ramasser le destin sur le bord de la route ? Inspectons les brochettes, surveillons les grils. Mais surtout, réapprenons une recette oubliée : celle où l’éthique ne se cuisine pas à la braise de l’opportunisme.
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