«Tu sais quoi ?» Trois mots suffisent pour mettre une rumeur sur les rails. Elle ne demande ni billet ni invitation. Elle voyage en première classe, tandis que la vérité attend souvent un train en retard. Quelqu’un aurait vu. Quelqu’un aurait entendu.
Un cousin bien placé. Un voisin qui « sait ». Plus la source est introuvable, plus elle paraît trouvable. La rumeur a ce talent singulier de faire parler ceux qui n’ont rien vu et de faire taire ceux qui savent. Elle n’est pas née avec les réseaux sociaux. Nos marchés, nos cérémonies et nos cars rapides lui servaient déjà de salle de rédaction. Internet lui a seulement offert un abonnement illimité.
Le journaliste, lui, devrait préférer les faits aux effets. Vérifier avant de publier. Car une information mal pesée finit souvent par peser lourd. La vérité marche à son pas. La rumeur, elle, court les rues. Et lorsqu’elle prend de l’avance, il faut parfois des semaines pour lui couper… la parole.
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