À Ndioum, on vient de décréter le mariage “slim fit”. Adieu les dots XXL qui donnent des palpitations au portefeuille. Désormais, 100 000 maximum, pas un franc de plus, même si la belle-famille estime que leur fille « vaut un milliard en qualités internes ». Le « henne time » disparaît lui aussi, paix à son coût exorbitant. Les religieux ont tranché : biscuits et bonbons au lieu de buffets. Certains invités viendront avec leur thermos, juste pour tenir jusqu’au déjeuner.
Côté funérailles, les voisins reprennent la cuisine. Le deuil ne rime plus avec dettes. Pendant ce temps, à Dakar, la rue a repris ses droits, malgré l’injonction du gouverneur : tentes géantes et circulation en mode “jeu du serpent”.
Chez nous, plus la cérémonie est bruyante, plus on croit qu’elle est bénie. On dépense tout pour un jour, puis on fonce sur du mbaxalou saloum jusqu’à nouvel ordre. Pourtant, un mariage réussi, ce n’est pas le nombre de voitures coincées. C’est un couple qui dure. Quant à la loi de 1967 contre le gaspillage, jamais appliquée, elle finira classée patrimoine immatériel. Senghor en serait peut-être fier.
salla.gueye@lesoleil.sn


