Sur une chaîne occidentale, Me Alice Kom, avocate camerounaise, a jugé que l’homosexualité ne peut être punie au Sénégal : « ce n’est pas un acte délibéré », a-t-elle assuré. Fascinant. Demain, on dira aux chauffeurs qu’un excès de vitesse n’est qu’une pulsion passagère et aux voleurs qu’ils ont juste « oublié » le droit. Me Kom semble découvrir que le Code pénal n’est pas un menu philosophique. On ne choisit pas les lois comme des tapas à goûter selon l’humeur.
Ici, les actes contre nature sont interdits, point. La loi durcissant les peines est d’ailleurs promulguée. Peu importe si l’argument vient d’au-delà des Pyrénées, ou d’ailleurs. La légalité ne fait pas de livraisons internationales gratuites. Vouloir défendre l’indéfendable sur une chaîne étrangère, c’est comme expliquer à l’Europe que la polygamie, c’est tendance : rigolo, mais inutile. Chez nous, nul n’est au-dessus de la loi. On ne peut interdire à personne de plaider — ou, disons, de philosopher sur notre Code — mais il vaut mieux commander un café avant : ça calme les élans… et les idées soi-disant « non-délibérées ».
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