Aujourd’hui, le Sénégal joue une finale et déjà le pays se regarde dans le miroir avec une crinière bien peignée. Les Lions entrent sur la pelouse comme on entre dans un récit national, le torse bombé et la mémoire vive. Face au Maroc, voisin courtois et rival sérieux, la Can devient un théâtre où chacun répète son rôle avec application.
Les Sénégalais promettent d’être les vrais Lions, pas ceux des affiches touristiques, mais ceux qui rugissent quand l’enjeu l’exige, rouges de ferveur et de sueur, pas besoin d’en rajouter.
À Rabat, on chuchote que les billets se font rares, que l’organisation tousse, que la tension flotte comme un parfum trop fort. La panique, dit-on. Disons plutôt la concentration, ce cousin discret du trac.
Qu’importe les rumeurs, le football a cette élégance de ne répondre qu’au terrain. Un ballon, onze contre onze, et la vérité qui se fabrique à coups de passes propres et de replis courageux. Les Lions du Sénégal n’ont pas besoin de tapis rouge ni de cordon doré.
Ils ont un jeu, une mémoire récente, des supporters qui savent compter jusqu’à quatre-vingt-dix sans respirer. Demain, le stade parlera. Et s’il faut convaincre, ce sera avec le sourire, le pressing et un sens aigu du moment juste.
Le reste appartient aux chroniqueurs, qui aiment quand le sport se prend au sérieux sans jamais se prendre trop au tragique.
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