Autrefois, le simb, théâtre de faux lions et de vraies frayeurs. Aujourd’hui, même les rugissements passent au numérique. À l’image de certains talibés qui « scannent » désormais la générosité au QR code, les faux lions ont muté : des ruelles sablonneuses à l’écran, de la course-poursuite au direct sponsorisé. Dans une vidéo virale, un lion bien maquillé trône devant son téléphone. Plus question de traquer les enfants, il traque les “likes”. On réclame des cœurs, on quémande du tapotage, on monétise le rugissement via mobile money. À ses côtés, une assistante harponne le chaland. « Envoyez 500 FCfa pour discuter avec le lion ». Le faux, évidemment — le vrai ne négocie pas.
Ailleurs, deux congénères poursuivent une voiture… avant de décliner leurs noms contre 5.000 FCfa promis. L’argent a domestiqué la bête.
Derrière le comique, une mue. Le simb perd de sa superbe, avalé par l’économie du clic. Reste un maigre progrès : moins de griffes, plus de data. Le folklore, lui, cherche encore son réseau.
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