Alerte nationale. L’Autoroutes du Sénégal (Ads) lance enfin un plan d’urgence contre les traversées illicites des autoroutes, après la circulation de vidéos qui montrent ce que tout le monde sait déjà, mais que personne n’assume. Certains compatriotes ont une relation très personnelle avec les règles… surtout quand elles les concernent.
À Dakar, les passerelles piétonnes ne manquent pas. Elles sont là, solides, visibles, presque fières. Mais elles servent parfois de décor urbain, pendant que d’autres choisissent l’autoroute comme raccourci existentiel, comme si la vie était un pari et le bitume un tapis de jeu. On ne traverse plus, on improvise, on défie, on teste la chance.
Ce n’est pas seulement la route qui souffre. L’espace public aussi. Ici, l’incivisme a parfois l’audace du quotidien : trottoirs confondus avec arrière-cours, coins de rue transformés en sanitaires improvisés, et comportements exhibés sans gêne, comme si le vivre-ensemble était optionnel.
Le paradoxe est cruel. On veut une ville propre, moderne, fluide… mais on refuse parfois les gestes les plus simples qui la rendent possible. Les infrastructures suivent, les discours aussi. Reste un détail têtu : les vieilles habitudes.
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