Au mois de mars dernier, le site Psychologies.com alertait sur un phénomène préoccupant : l’épuisement professionnel touche près d’une femme sur deux. Le burn-out féminin gagne ainsi du terrain dans plusieurs pays. Dans nos sociétés contemporaines, beaucoup pointent du doigt le manque d’implication de certains hommes dans les responsabilités familiales. Dire que les femmes affichent le même niveau d’engagement dans la sphère professionnelle. Si plusieurs études montrent qu’elles jouent un rôle essentiel dans le développement de nos nations, étant au début et à la fin du processus, certaines expériences révèlent aussi qu’elles sont particulièrement exposées à la surcharge mentale. Or, une meilleure répartition des tâches domestiques et une prise en compte plus juste des principes d’équité constitueraient pour un important levier de performance économique et sociale pour toute la société.
De nombreux écrits soulignent que beaucoup de femmes croulent sous le poids d’une pression systémique, dans un contexte mondial marqué par diverses crises. Même si certains spécialistes rappellent que chaque situation dépend aussi de la personnalité de l’individu, plusieurs témoignages illustrent cette réalité. On peut notamment lire cette citation largement relayée sur internet : « La société attend des femmes qu’elles travaillent comme si elles n’avaient pas d’enfants, et qu’elles élèvent leurs enfants comme si elles n’avaient pas de travail ». Ainsi, beaucoup cherchent à se dépasser afin de répondre aux attentes de leur entourage. Pour d’autres observateurs, les femmes qui s’effondrent sont souvent victimes du « syndrome de la femme parfaite ». Dans un blog publié le 11 novembre 2022, Marine écrit : « La société a changé et les mentalités, notamment sur la place de la femme, ont évolué également. En osant prendre leur place, les femmes font désormais face à un effet inattendu : on s’attend à ce qu’elles soient partout, et surtout parfaites partout ». Elle ajoute que « la femme doit aujourd’hui être une bonne épouse, une bonne maman, une bonne amie, une bonne soeur, tout en étant professionnelle et sportive. C’est le syndrome de la femme parfaite. Et le pire dans tout ça ? C’est que les femmes se l’imposent à elles-mêmes ! ».
Dans un article publié dans la Revue internationale de psychosociologie et de gestion des comportements organisationnels, les chercheurs français Bénédicte Berthe, Marc Dumas et Gwénaëlle Poilpot-Rocaboy s’interrogent : « Et si le sentiment de culpabilité générait l’inégalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans les entreprises françaises ? » Selon eux, certaines femmes sont rongées par la culpabilité, contraintes d’être à la fois des professionnelles performantes et les principales garantes de la sphère domestique. Les plus conservateurs estiment, quant à eux, que les femmes auraient perdu de vue leurs « priorités naturelles » et qu’elles souffriraient des conséquences d’une société matérialiste. D’autres évoquent surtout la difficulté à trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie privée. Habituées à être sur tous les fronts et dotées d’un fort esprit combatif, les femmes ont dû assumer de multiples responsabilités. Pourtant, leur quête d’indépendance économique ne les libère pas toujours des tâches ménagères. L’asymétrie de genre reste également très présente dans certains milieux.
Dans nos sociétés, il arrive qu’un homme très investi dans son travail passe pour un héros, un responsable capable de subvenir aux besoins de sa famille, même si de plus en plus ils partagent les dépenses avec leur épouse. Au même moment, une femme active peut être critiquée, notamment au sein de certaines belles-familles, pour son absence du foyer. À force de vouloir tout concilier, certaines femmes finissent par s’épuiser, s’effondrer, mettant parfois en péril leur équilibre personnel et familial. Cependant, beaucoup parviennent à résister à ces tempêtes du quotidien. Elles continuent d’avancer avec courage tout en poursuivant leurs aspirations. Heureusement qu’il en existe des hommes conscients de la nécessité de s’impliquer dans la sphère privée et de faire preuve de bienveillance à l’égard de leur partenaire dans l’intérêt de la famille. Cela favorise non seulement l’épanouissement des femmes, mais aussi le développement harmonieux des familles et des sociétés comme stipulé d’ailleurs par la religion musulmane, référence dans notre pays.
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