Récemment, une vidéo a fait le tour des réseaux et frappé l’âme de ceux qui l’ont vue. La commerçante, Adji Sall Ndour, y raconte les violences qu’elle a subies au sein de son foyer. Pendant des années, elle a gardé ses souffrances dans son tréfonds, serré ses larmes dans ses poings, refusé de montrer la peur qui la rongeait. Aujourd’hui, elle a décidé de libérer la parole. Elle a demandé le divorce pour sauver sa vie et celle de son enfant. Mais la paix est loin d’être acquise. Son ex-conjoint continue de la traquer. Comme s’il avait le « droit de vie et de mort sur elles ». Pour échapper à cette violence gratuite, elle est obligée de vivre cachée, marchant dans l’ombre, terrifiée, toujours sur le qui-vive. « J’ai gardé le silence pendant longtemps. Mais aujourd’hui, je ne peux plus me taire. Aucune femme ne devrait vivre cela ni avoir à fuir pour survivre.
Je parle pour moi, pour mon enfant et pour toutes celles qui n’en ont plus la force », confesse-t-elle sur sa page Facebook. Ces mots résonnent comme un cri de cœur, une bouffée de colère et de désespoir qui traverse l’écran et se fond dans l’âme de celles qui subissent en silence et se taisent. Le constat est triste, les violences à l’égard des femmes sont plurielles. Elles sont économiques, physiques, sexuelles, psychologiques et la plupart des victimes préfèrent plonger dans une omerta dans le dessein de protéger leurs enfants, leur vie ou par crainte de représailles. Le destin de nombreuses femmes se mêle au récit d’Adji Sall Ndour et meurt sous les coups de leurs conjoints censés les chérir et les protéger. Chaque jour, on assiste, avec une banalité ahurissante, à des meurtres de femmes du fait de leurs époux ; ceux-là mêmes qui leur ont juré fidélité, de les aimer pour le meilleur et pour le pire. En novembre 2025, Nogaye Thiam, qui vivait chez sa belle-famille, a été retrouvée morte dans sa chambre, seule et sans la moindre assistance. Son bébé était à ses côtés, impuissant, incapable de la sauver. Le souvenir de Bintou Guèye, tuée par balle par son mari avec une arme fraîchement acquise, hante encore les esprits. Ces vies brisées laissent derrière elles une douleur indélébile.
Le décès de la tiktokeuse Khadija Sow, il y a deux semaines, est encore tout frais dans les mémoires. Son mari avait d’abord argué qu’elle s’était effondrée dans leur chambre après de violents maux de tête dans la nuit du 20 au 21 mars. Mais les enquêteurs ont découvert des incohérences, des preuves médicales accablantes et un silence qui ment. La jeune femme était enceinte de sept mois. La vie d’un enfant a été ôtée avant même de pouvoir respirer, et la douleur de cette perte reste foncièrement insoutenable. L’homme, poursuivi initialement pour coups mortels, est maintenant inculpé pour meurtre. Le cercle familial s’en trouve impliqué puisque la mère et le père adoptif, soupçonnés d’avoir tenté de masquer la vérité pour protéger leur fils, ont été interpellés et placés en garde à vue. Cette spirale de violence et la permanence de l’horreur ont provoqué une indignation croissante dans l’opinion publique. Ce présumé féminicide a réveillé une colère brûlante et un immense désespoir. Le dimanche 29 mars 2026, le mouvement « Wax Jotna » a organisé un sit-in. Les militantes ont marché, portant la douleur et la peur de toutes celles qui n’ont plus de voix. Elles ont dénoncé ces violences machistes, le harcèlement et les inégalités qui continuent de briser des vies. Leur voix tremble, mais elle refuse de se taire. Ces histoires montrent une vérité cruelle et implacable. Le mariage est sacré, mais aucune norme religieuse ni sociale ne peut justifier la violence. La vie doit primer sur tout contrat. Pour beaucoup de femmes, la séparation n’est pas un choix. Elle est souvent le seul chemin pour survivre, protéger son enfant et garder un reste de dignité dans un monde qui les trahit. Malgré l’indignation collective, les femmes continuent d’être victimes de barbarie conjugale alors que leur seul désir est de rester en vie, pas de devenir des objets, d’éternelles victimes.
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