Parmi les 557 communes du Sénégal, deux retiennent notre attention. Il s’agit de Oudalaye, dans le département de Ranérou-Ferlo (région de Matam) et de Darou Nahim dans la région de Diourbel. La dernière collectivité territoriale citée est considérée comme la plus petite d’après le Plan national d’aménagement et de développement territorial (Pnadt) réalisé par l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (Anat).
La superficie de cette commune est de 35 km2. Tout le contraire de Oudalaye qui, avec ses 9.794 km2, reste la commune la plus vaste du pays. Elle est 17 fois plus grande que la région de Dakar (550 km2) ainsi que d’autres régions du pays telles que Thiès, Fatick, Sédhiou et même Ziguinchor. Par rapport à Darou Nahim, Oudalaye est 280 fois plus vaste. Devenues communes à la faveur de la communalisation universelle prônée dans le cadre de l’Acte 3, ces deux collectivités territoriales mettent en évidence les déséquilibres existant dans l’occupation d’espace entre les communes sénégalaises. Car, de par sa superficie, Oudalaye doit être une commune difficile à gérer par les autorités municipales et même administratives.
Elle se trouve dans une zone d’élevage occupée essentiellement par la communauté peule. Seulement, satisfaire les besoins de base de ces populations en termes de santé, d’éducation, d’approvisionnement en eau, etc., ne doit guère être une mince affaire. Surtout que ces populations vivent souvent dans des villages et hameaux lointains. Délivrer des actes d’état civil et vacciner les nouveau-nés et le cheptel, doivent être une grande préoccupation.Darou Nahim, par contre, aura des besoins liés au foncier et d’espace disponible pour accueillir certains projets d’envergure.
Au moment où l’on réfléchit sur la faisabilité de l’Acte 4 de la décentralisation, Oudalaye et Darou Nahim sont des baromètres pour redessiner la carte administrative de nos territoires en tenant compte de la population, de la densité, du potentiel économique et de la viabilité.
Beaucoup de spécialistes l’ont remarqué, les nombreux découpages territoriaux connus jusqu’ici ont plus obéi à un soubassement politique. Cette orientation a toujours faussé ou donné à ces réformes un goût d’inachevé. L’on a vu des ministres procéder à des découpages partiels, uniquement pour affaiblir un adversaire politique en lui arrachant une partie de son territoire. Mais toujours cela a produit des dégâts et des tensions.
Annoncé et même imminent, le prochain découpage doit tenir compte de ces paramètres afin de corriger certaines limites mal faites ainsi que les nombreuses incohérences territoriales.
Depuis la création des quatre communes en 1872 (Saint-Louis, Gorée, Rufisque et Dakar), la décentralisation au Sénégal a connu plusieurs vitesses. Tantôt, l’État accélère les choses en cédant une partie de ses compétences, notamment en 1996, tantôt il se cherche à travers des découpages ici et là, sans intérêt. Aujourd’hui, il est temps d’adopter une bonne cadence en allant vers une véritable réforme dont le seul objectif sera le développement de nos territoires pour le plus grand bonheur des populations.
maguette.ndong@lesoleil.sn


