En avril 2025, le géant britannique Bp a annoncé qu’une première cargaison de gaz naturel liquéfié avait été exportée à partir de ressources gazières exploitées au large du Sénégal et de la Mauritanie. Auparavant, fin décembre 2024, avait débuté la production de gaz naturel offshore. En février 2025 a commencé la production de Gnl. Et, quelques mois plus tôt, en juin 2024, le Sénégal était devenu un pays producteur de pétrole offshore.
Jusqu’ici donc, on était dans l’offshore. En termes plus simples, toute l’exploration et l’exploitation se font en mer. L’exploitation offshore renvoie à l’extraction de pétrole et de gaz située au large des côtes, sous les fonds marins. Même si elle a l’avantage d’offrir l’accès à de plus vastes réserves, l’exploration offshore a la particularité d’être très coûteuse et complexe. Si jusqu’ici l’offshore semble avoir été privilégié dans les projets antérieurs, la tendance est désormais en train de changer.
L’État du Sénégal a décidé d’expérimenter l’exploration onshore. Bras armé de l’État, Petrosen a mis la barre très haut. Avec un budget d’exploration de 100 millions de dollars, la Société pétrolière du Sénégal entend se lancer dans l’onshore et devenir un champion énergétique régional. L’objectif est d’identifier de nouveaux gisements à terre et de renforcer la souveraineté énergétique nationale, dans un contexte marqué par l’entrée du pays dans le cercle des producteurs d’hydrocarbures.
Selon Petrosen, ce programme repose sur des hypothèses géologiques solides, établissant des continuités possibles entre les découvertes réalisées en offshore et les bassins sédimentaires continentaux, restés largement sous-explorés. Dans une interview, son directeur général, Alioune Guéye, en disait d’ailleurs davantage. L’objectif pour 2026 est de forer à terre.
Il croit dur comme fer que le bassin qui est en mer, où nous avons découvert du pétrole et du gaz, est le même que celui qui se trouve à terre. Un projet ambitieux et un défi de taille. Mais ce n’est pas le premier coup d’essai du Sénégal. En effet, le premier puits onshore producteur de gaz naturel au Sénégal se nomme Gadiaga 2. Mais c’est en 1952 que les choses ont commencé à bouger dans le domaine de l’onshore, à la suite de la découverte de traces de bitume dans des calcaires et d’indices de gaz et d’huiles dans un forage d’eau, quelques années auparavant. Il s’en est suivi une exploitation du reste très faible.
Aujourd’hui, le pari est de taille. Petrosen compte, dès cette année, reprendre l’exploration. « Petrosen va aller chercher ce pétrole et ce gaz dans notre sol. Nous avons bon espoir d’en trouver et ce sera au bénéfice de tous », a même affirmé son directeur général.
Le Sénégal en a-t-il les moyens techniques et financiers ? Du côté de Petrosen, on y croit dur comme fer. L’exploration sur la terre ferme au Sénégal est restée au point mort pendant plusieurs décennies, les efforts des compagnies internationales et de l’État s’étant principalement concentrés sur l’offshore profond. Ce nouveau virage marque la volonté de la compagnie nationale de ne plus se contenter de parts de participation, mais de devenir un opérateur technique de premier plan capable de réaliser ses propres forages.
oumar.fedior@lesoleil.sn

