Le président américain Donald Trump a prononcé, dans la soirée du mardi 24 février dernier, son discours annuel sur l’« État de l’Union » (State of the Union Address) devant le Congrès. Une première depuis son retour au pouvoir. Initiée depuis le 8 janvier 1790 par le président George Washington, le discours sur l’« État de l’Union » est un rendez-vous annuel.
Une occasion unique pour le numéro un américain de s’adresser simultanément au Congrès et à la Nation tout entière. Il lui sert de plateforme pour exposer les priorités et réalisations clés, en se concentrant sur la santé économique de la Nation et les objectifs stratégiques à venir. Ainsi, pendant une heure et quarante-huit minutes, Donald Trump a dressé un bilan optimiste de sa gestion, mais aussi lancé des attaques appuyées contre l’opposition démocrate. Le président a défendu fermement sa politique d’immigration, affirmant que les États-Unis disposent désormais de « la frontière la plus sûre de l’histoire américaine ». Il a demandé l’adoption du Save America Act, exigeant une pièce d’identité avec photo et une preuve de citoyenneté pour voter, ainsi que la fin du vote par correspondance sauf exceptions. « Notre Nation est de retour, plus grande, meilleure, plus riche et plus forte que jamais auparavant », a soutenu le président Donald Trump, estimant que les États-Unis connaissent une croissance et une force sans précédent.
Le discours a couvert divers aspects des progrès nationaux, y compris la croissance économique, la création d’emplois et les politiques commerciales. L’« État de l’Union », pratiqué dans plusieurs pays anglophones, permet au président de valoriser ses succès et de mobiliser autour de ses choix. Les invités symboliques, souvent mis en avant, incarnent des causes ou des priorités politiques. Pendant ce temps, la Chine, l’autre puissance économique s’apprête à organiser la semaine prochaine les « Deux Sessions ». Moment central de la vie politique en Chine, les « Deux Sessions », à savoir les réunions annuelles de l’Assemblée nationale populaire (Anp) et de la Conférence consultative politique du peuple chinois (Ccppc), se tiennent chaque année au début du mois de mars. Au-delà de leur dimension protocolaire, les « Deux Sessions » jouent un rôle structurant dans la mise en scène, la consolidation et l’orientation du pouvoir. Elles sont un temps fort de planification et de cadrage stratégique. Le gouvernement y présente son rapport d’activité, fixe les objectifs de croissance, les priorités budgétaires et les grandes orientations sociales ou technologiques. Ces annonces traduisent les arbitrages déjà opérés en amont, mais leur validation publique donne une portée nationale aux choix politiques mais assurent également une fonction de légitimation. L’Anp, en tant qu’organe législatif suprême, adopte les lois et entérine les nominations clés. La Ccppc, composée de représentants de partis dits « démocratiques », de milieux économiques et culturels, incarne une forme de consultation organisée. Ce dispositif permet d’afficher une participation élargie et d’intégrer certaines demandes sociales dans l’agenda officiel.
Que ce soit à Washington ou à Pékin, ces événements phares constituent des moments majeurs de communication politique. Elles demeurent un baromètre essentiel des priorités et des équilibres mais aussi de l’orientation politique et stratégique de ces pays respectifs. Ces pratiques peuvent être inspirantes pour les pays du Sud comme les nôtres. Autant, il est vrai qu’une Nation a besoin d’adjuvant, de ciment et de stimulant pour avancer, se surpasser ; autant, il est aussi vrai qu’une économie a besoin de planification pour bien émerger.
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