J’ai été bluffé par l’acte posé, le 11 juillet dernier, par l’association caritative « Doumou Sénégal » et l’Association libano-sénégalaise des professionnels de la santé (Alsps). En collaboration avec le centre de santé de Diakhao, ces deux structures ont organisé une caravane médicale au centre de santé de Diakhao, dans le département de Fatick. Elles ont mobilisé une équipe de 26 médecins et professionnels de santé bénévoles, issus de plusieurs spécialités rarement accessibles dans cette zone.
Cette mobilisation a permis de réaliser 663 consultations et actes médicaux spécialisés, dont 52 échographies gynécologiques, 54 soins dentaires, 27 électrocardiogrammes, 7 fibroscopies digestives, 4 circoncisions et 2 hystéroscopies. Au-delà des chiffres, cette journée a été faite d’écoute, de diagnostics, de traitements, de conseils et d’orientations. Elle a surtout permis aux populations d’accéder, près de chez elles, à des spécialités et à des examens rarement disponibles dans la zone.
Pourtant, « Domou Sénégal » n’en est pas à sa première en termes d’action sociale. À Tivaouane-Peulh, les 10 et 11 septembre 2025, ce sont plus de 220 m3 d’eau que l’association a réussi à évacuer grâce au pompage et au curage des points critiques. À Keur Massar, c’est 2 .500 m3 d’eau qu’elle a pompé pour sauver les habitations des inondations. C’était les 16, 18 et 19 septembre 2025.
« Domou Sénégal » s’est aussi illustré dans l’éducation et la santé. Elle a participé à la réhabilitation de l’hôpital Philippe Maguilène Senghor de Yoff et réhabilité totalement une école à Yoff. « Nous croyons profondément que chaque enfant mérite de grandir et d’apprendre dans des conditions dignes. C’est notre manière, en tant que citoyens, de contribuer à l’avenir de notre pays », disait un de ses responsables, Philippe Rebeiz qui est convaincu que c’est cette solidarité en action qui donne tout son sens à leur engagement.
C’est ça le Sénégal que j’aime. Des Sénégalais, à part entière, dont les aïeuls sont venus d’ailleurs et qui œuvrent inlassablement pour consolider le vivre-ensemble. En revanche, le Sénégal que j’aime le moins, c’est celui où des Sénégalais venus d’ailleurs, ou leurs aïeuls, se mettent entièrement à part, foulant aux pieds notre ciment social. Notre cohésion nationale. Nos valeurs et nos croyances. Le Sénégal que j’aime le moins, c’est celui où des Sénégalais de « souche » se font remplacer dans les registres de l’état civil, malgré eux, par des néo-Sénégalais. Le Sénégal que j’aime le moins, c’est celui où des Sénégalais, venus en premier, ostracisent ceux venus en dernier.
En effet, le vivre-ensemble constitue le socle de la cohésion sociale. C’est l’un des fondements essentiels de toute société stable et harmonieuse. Dans un monde marqué par une mobilité croissante des populations, la rencontre entre différentes cultures représente une richesse inestimable, à condition qu’elle s’inscrive dans un cadre de respect mutuel.
Si le pays d’accueil a le devoir de garantir les droits et la dignité de toutes les personnes vivant sur son territoire, les communautés issues de l’immigration ont, en retour, la responsabilité de se conformer aux lois, aux règlements et aux valeurs républicaines qui régissent la vie collective. Car, comme le dit l’adage, à Rome, faites comme les Romains.
L’intégration ne signifie ni renoncer à son identité ni abandonner ses traditions. Elle suppose plutôt l’acceptation des règles communes, le respect des institutions, ainsi qu’une participation active à la vie économique, sociale et culturelle. C’est dans cet équilibre que se construit une coexistence apaisée, fondée sur la confiance et la responsabilité. Des pays comme le Canada, la Grande-Bretagne mais surtout les États-Unis d’Amérique en sont la preuve vivante.
aly.diouf@lesoleil.sn

