Le 8 mars dernier, l’actrice et entrepreneure ivoirienne Marie-Paule Adjé (MPA) a surpris sa communauté en annonçant, sur Facebook, la naissance de sa fille Maïra. Celle qui compte plus de dix millions d’abonnés sur l’ensemble de ses réseaux sociaux a ainsi conclu son message d’engagement en faveur des droits des femmes de la plus belle des manières. « Depuis quelques semaines, je suis devenue maman d’une petite fille. Comme toutes les mères, je forme pour elle le vœu d’un monde plus juste et plus respectueux, où chaque femme pourra s’épanouir librement et saisir toutes les opportunités qui s’offrent à elle », a-t-elle écrit, son bébé dans les bras. La publication a généré plus de 130 000 mentions « j’aime » et près de 5 600 commentaires.
Mais ce qui aurait dû être une avalanche de félicitations et de messages de bienveillance s’est, pour certains, transformé en tribune de jugement. Des internautes ont, en effet, saisi l’occasion pour pointer du doigt son amie et complice Konnie Touré, qui n’a pas encore connu les joies de la maternité. Les deux femmes ont été comparées sans ménagement. Mariée depuis avril 2023, Konnie Touré a été critiquée par certains pour ne pas encore avoir d’enfant à 44 ans, tandis que sa « petite sœur » MPA est devenue mère moins d’un an après son mariage. Une comparaison brutale, révélatrice d’une pression sociale persistante : celle qui fait de la maternité l’ultime baromètre de la réussite féminine. Pourtant, derrière cette annonce, il y avait aussi une belle histoire d’amitié. Si Marie-Paule Adjé a choisi de garder sa grossesse confidentielle, Konnie Touré a été l’un de ses principaux soutiens durant cette période.
Face au déferlement de commentaires intrusifs et parfois malveillants, une vague de solidarité s’est rapidement formée sur le net. MPA elle-même a pris la défense de son amie, la qualifiant de « reine » et saluant sa force spirituelle. De nombreux fans et personnalités ont également dénoncé une pression sociale jugée « malsaine » et « violente ». Cette situation rappelle celle de Fatel Sow, épouse du rappeur Ngaaka Blindé. Mariée depuis 2022, la jeune actrice révélée dans la série Virginie, produite par Marodi Tv, est régulièrement la cible de remarques et de spéculations sur les réseaux sociaux. Ses photos, ses statuts et même ses sorties sont passés au crible par des internautes qui scrutent le moindre détail de sa vie privée. Au fil des années, les rumeurs et les pressions se sont intensifiées. En mars 2025, elle avait pris la parole avec force pour dénoncer ce qu’elle qualifiait d’« hypocrisie » et de « méchanceté » face aux commentaires incessants sur son absence d’enfant. Ces exemples, largement relayés sur les réseaux sociaux, mettent en lumière une réalité profondément ancrée dans nos sociétés. En Afrique, et particulièrement au Sénégal, la maternité demeure souvent perçue comme une obligation sociale pour la femme. L’absence d’enfant devient alors un sujet public, un motif de questionnement, voire de jugement. Pourtant, donner la vie ne devrait pas être un fardeau porté par la femme seule.
Une femme ne se définit pas uniquement par sa capacité ou non à enfanter. Le 8 mars, célébré comme la Journée internationale des droits des femmes, est justement l’occasion de rappeler cette évidence : la procréation n’est pas qu’une affaire de femmes. Elle concerne aussi les hommes, les couples, et parfois les circonstances de la vie que personne ne maîtrise totalement.

