Conçue pour réunir la quasi-totalité des pays africains au sein d’un vaste marché unique, la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) poursuit progressivement sa mise en œuvre. Son ambition est claire : faciliter la circulation des marchandises, des services et des investissements, stimuler les échanges entre les pays africains, encourager la transformation locale des matières premières et créer des emplois sur le continent.
Quelques années après son lancement, des avancées sont perceptibles. La majorité des États africains ont signé et ratifié l’accord. Des échanges commerciaux ont déjà été réalisés dans le cadre de l’Initiative de commerce guidé, tandis que plusieurs pays poursuivent la réduction progressive des droits de douane sur des milliers de produits. En parallèle, les investissements dans les routes, les ports, les corridors logistiques et les réseaux ferroviaires se multiplient afin de renforcer la connectivité entre les économies africaines.
Ces efforts commencent à produire des résultats. Selon le secrétariat de la Zlecaf, les échanges commerciaux intra-africains devraient atteindre environ 139.250 milliards de FCfa en 2026, contre 122.540 milliards de FCfa en 2025, soit une hausse de près de 16.710 milliards de FCfa en une seule année.
Car, sur le terrain, la promesse de la Zlecaf est encore loin d’être pleinement réalisée. Le commerce entre les pays africains demeure relativement faible. La plupart des économies continuent d’exporter essentiellement des matières premières vers l’Europe, l’Asie ou l’Amérique, avant d’importer des produits manufacturés à plus forte valeur ajoutée. Selon les Nations unies, le commerce intra-africain ne représente encore qu’environ 16 % des exportations totales du continent, l’essentiel des échanges restant orienté vers les marchés extérieurs.
Pourtant, les perspectives sont considérables. Les estimations indiquent que la mise en œuvre intégrale de la Zlecaf pourrait donner naissance à un marché de 3.400 milliards de dollars, faisant de l’Afrique l’une des plus vastes zones de libre-échange au monde.
Si les avancées sont réelles, les obstacles demeurent nombreux. Les infrastructures de transport restent insuffisantes dans plusieurs régions. Le mauvais état de certaines routes, le déficit de liaisons ferroviaires, les capacités limitées des ports ainsi que les coûts élevés du transport réduisent la compétitivité des entreprises africaines.
Les spécialistes s’accordent ainsi sur un point : le succès de la Zlecaf dépendra de la levée de ces contraintes structurelles. L’amélioration des infrastructures, la simplification des procédures commerciales, le renforcement des capacités productives des entreprises, l’accélération de l’industrialisation et une coopération plus étroite entre les États constituent autant de conditions indispensables pour transformer cette ambition en réalité.
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