Ceux qui empruntent régulièrement l’axe routier Keur Massar-Tivaouane Peul-Niacoulrab l’ont certainement croisé une fois. Il s’appelle « Diop Bonne volonté ». Il est jeune et débrouillard. Son quotidien, il le consacre souvent à remblayer les trous béants de la route qui incommodent les automobilistes.
Il ne dispose guère de moyens matériels ou financiers nécessaires, mais il a la volonté forte de travailler pour ses concitoyens. Souvent avec un regard hagard, les passants l’observent faire en traversant furtivement. D’autres lui jettent quelques pièces de monnaie et l’encouragent. Aujourd’hui, ce jeune homme armé simplement d’une pelle et de gants a soulagé beaucoup de conducteurs par son simple geste.Comme lui, ils sont des milliers de jeunes Sénégalais qui décident, volontairement, de se consacrer au service de leur pays. Sans rien attendre en contrepartie.
C’est le cas d’Amadou Sy, cet homme qui a décidé de consacrer son temps et son énergie à la circulation des véhicules sur l’axe Hann Maristes-Yarakh. Son histoire a été largement racontée dans différents journaux et télévisions du pays. Sans emploi, il se consacre à lutter contre les bouchons fréquents sur cette route. Son coup de main est salutaire pour les automobilistes et surtout les gendarmes qui sont parfois dépassés par la situation des embouteillages. Depuis lors, l’homme est devenu incontournable sur cet axe. Tout le monde le connaît et lui voue un immense respect. D’ailleurs, le ministère des Transports l’aurait depuis intégré dans son effectif en guise de reconnaissance.
Des personnes volontaires comme ces deux bonhommes ne manquent pas dans nos communes et territoires. À l’heure de descente des élèves, certaines personnes sont là pour faire traverser la route aux potaches. Des gestes simples et de haute portée patriotique qu’il nous faut reconnaître et magnifier.
Ces personnes savent que l’État ne peut pas tout faire, encore moins nos mairies. Le don de soi pour la patrie, c’est aussi cela : constater une anomalie et essayer de la corriger avec les moyens du bord.
Il y a quelques mois, le chef de l’État avait montré la voie en initiant des journées mensuelles de « Set Setal », un nettoyage un peu partout dans le pays. À travers cette initiative, il a voulu montrer la voie à ses concitoyens. Mais depuis lors, très peu sont ceux qui respectent encore cette activité. Or, se consacrer volontairement au service de son quartier ou de sa commune est un geste noble qui grandit la personne. Il permet de combler certaines défaillances dans nos services publics.
Dans les pays développés comme le Japon et la Chine, les citoyens n’attendent guère l’action de l’État ou de la municipalité pour réparer certaines choses.
Au contraire, ils balaient, ils colmatent et embellissent les rues et ruelles afin d’offrir à leurs concitoyens un cadre de vie agréable. L’État du Sénégal avait initié un corps des volontaires du service civique national afin d’impulser des valeurs de citoyenneté et d’amour pour la patrie à notre jeunesse. Aujourd’hui, ces valeurs doivent être rappelées et remises au goût du jour. En attendant, il nous faut plus d’empathie et de respect à ces patriotes qui se consacrent exclusivement au service des autres. Par leurs actions de tous les jours, ils nous montrent que le patriotisme, ce n’est pas des paroles creuses, mais ce sont des gestes simples qui peuvent changer notre quotidien.
maguette.ndong@lesoleil.sn


