Le ciel de Doha a été, cette semaine, très scruté par les Sénégalais. Dans la capitale qatarie ont eu lieu les obsèques de Son Altesse Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani, ancien Émir et père de Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani, l’actuel Émir de l’État du Qatar. Sous le règne de Son Altesse Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani (1995-2013), le Qatar a connu une transformation sans précédent. Grâce à une valorisation stratégique de ses immenses ressources gazières, l’émirat est devenu l’un des premiers exportateurs mondiaux de gaz naturel liquéfié (Gnl) et un acteur économique de premier plan. Son action a également permis la création d’Al Jazeera, la première chaîne d’informations continue en arabe, le développement de la Qatar Foundation, la modernisation des infrastructures et le lancement de grands projets ayant conduit à l’organisation de la Coupe du monde 2022. Son héritage repose sur une vision qui a fait du Qatar un centre influent de la diplomatie, de l’éducation, de l’investissement et du sport à l’échelle internationale. Naturellement, à l’image des leaders mondiaux, le Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye a effectué le voyage de Doha pour rendre hommage au bâtisseur du Qatar moderne Son Altesse Cheikh Hamad bin Khalifa Al Thani et renouveler ses amitiés à l’actuel Émir de l’État du Qatar, Son Altesse Cheikh Tamim bin Hamad Al Thani.
À sa descente d’avion, le Président de la République, Bassirou Diomaye Faye, a été accueilli, entre autres, par l’ancien ministre d’État sénégalais chargé de la Coopération et des Transports, Karim Wade. Le fils de l’ancien Président de la République et par ailleurs patron du Parti démocratique sénégalais (Pds), Me Abdoulaye Wade, vit au Qatar depuis 2016, suite aux déboires judiciaires qu’il a connus avant.
Le Chef de l’État Bassirou Diomaye Faye va accueillir, aujourd’hui, vendredi 17 juillet, son prédécesseur Macky Sall qui concourt pour le poste de Secrétaire général des Nations Unies. Les deux hommes d’État étaient tous les deux présents à Doha aux obsèques de l’Émir. Sans doute, ils se sont vus. Et l’aspirant Secrétaire général de l’Onu, patron de l’Alliance pour la République, aura le soutien officiel du Président de la République en exercice. Celui de son pays.
Pour les Sénégalais, Doha, cette semaine, c’est aussi la rencontre entre l’ancien Chef de l’État Macky Sall et l’ancien ministre d’État Karim Wade. Après une parenthèse, pas heureuse de notre histoire politique les concernant, les deux hommes d’État ont fait violence sur eux-mêmes pour se voir. Se réconcilier. Au grand bonheur de leurs militants et sympathisants.
Du Sénégal.
Aucune déclaration officielle n’a été faite à l’issue de ces différentes rencontres, alimentant les spéculations sur leur portée politique. Quoi qu’il en soit, ces rencontres suscitent un vif intérêt. Elles interviennent dans un contexte marqué par les recompositions en cours au sein de la classe politique sénégalaise. Au moment où le pays traverse une crise financière. Sur le plan financier, ces rencontres, avec Macky Sall et Karim Wade, peuvent être bénéfiques au pays. Tous les deux ont des carnets d’adresse insoupçonnés dont l’usage peut ouvrir des portes jusqu’ici fermées. Macky Sall avait largement bénéficié des Investissements directs étrangers et du soutien des Partenaires techniques et financiers. Pour sa part, depuis son installation au Qatar en 2016, Karim Wade joue un rôle économique important dans l’émirat et plus largement dans le Golfe persique. Il est décrit comme l’un des conseillers influents dans la gestion des investissements de la Qatar investment authotity (QIA), le fonds souverain qatari, à direction de l’Afrique. Sur le plan politique, le Président Bassirou Diomaye Faye, qui n’est plus en odeur de sainteté avec le patron du Pastef Ousmane Sonko et qui va lancer son propre parti politique le 8 août prochain, pourrait trouver en eux des alliés de taille dans la gestion du présent mandat, voire au-delà.
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