À voir la fréquence des périodes de canicule en Europe, principalement en France et la récurrence des intempéries dans d’autres parties du monde, l’urgence climatique n’est plus un discours de circonstance ou de convenance. Elle doit ainsi requérir des plages de convergences au plan global, au-delà des contingences géopolitiques. Depuis plus d’une décennie, avec l’organisation, en grand renfort médiatique, des rencontres sur le climat comme la Conférence des parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques plus connue sous le nom de la Cop, l’urgence climatique, qui, comme beaucoup d’autres secteurs d’activités à l’image du sport, de la culture, était longtemps cantonnée à la périphérie des relations internationales et même des vies politiques nationales, est aujourd’hui, par la force des choses, au centre du jeu mondial. C’est à partir de la Cop 21 de Paris que, sans doute, le climat a eu un temps important en se plaçant au cœur de la géopolitique mondiale. L’Accord de Paris qui est consécutif à cette Cop 21 a été un tournant dans la mobilisation au plus haut niveau dans la lutte contre le changement climatique avec des acteurs du cinéma, des sportifs, des artistes de la musique de renommée internationale.
Leur forte mobilisation a été déterminante dans la prise de conscience que l’humanité n’avait pas d’autres options que de fournir davantage d’efforts pour contenir le réchauffement en deçà de 1,5 degré, sans quoi des îles vont disparaître, des parties entières des continents seront submergées. L’Accord de Paris prévoyait une limite de la température à 2 degrés d’ici à 2100 et enjoint les États à poursuivre les efforts pour rabaisser davantage les températures. En somme, cette Initiative a été adoptée par 196 parties, le 12 décembre 2015, et est entrée en vigueur le 4 novembre 2016. Si les États-Unis, avec l’administration Biden, sont revenus dans le jeu climatique avec un retour sur l’Accord de Paris qui était parmi les premières décisions du président Joe Biden nouvellement élu, avec Donald Trump, la donne a changé.
Comme pour son prédécesseur et successeur Joe Biden, le président Trump a, dès le premier jour de son second mandat, le 20 janvier 2025, signé un décret pour engager le retrait des États-Unis de l’Accord. Conformément aux procédures de l’Onu, ce retrait est devenu définitif un an plus tard, le 27 janvier 2026. Ce coup de semonce de la nouvelle administration américaine va rendre ainsi les discussions sur le climat plus difficiles alors que l’urgence demeure toujours. Ce retrait américain de l’Accord de Paris, le deuxième après celui de 2020, est conforme à ce que le président américain a toujours pensé des engagements internationaux liés au climat qu’il juge « coûteux, inefficaces ou néfastes ». C’est ainsi que le président Trump a toujours privilégié une politique axée sur l’accroissement de la production d’hydrocarbures. D’où son slogan de campagne « Drill, baby, drill » (forer, bébé, encore forer). Cette réticence américaine risque de rendre l’urgence climatique plus prégnante.
« Au cours des dix dernières années, les catastrophes climatiques ont provoqué quelque 250 millions de déplacements internes, soit environ 70 000 personnes déplacées par jour. Qu’il s’agisse des inondations qui ont balayé le Soudan du Sud et le Brésil, des chaleurs record au Kenya et au Pakistan ou des pénuries d’eau au Tchad et en Éthiopie, les conditions météorologiques extrêmes poussent des communautés déjà fragiles au bord du gouffre », avait averti, en novembre 2025, le Haut-commissariat des Nations unies pour les réfugiés dans un rapport. C’est dire que l’urgence climatique ne doit plus être cantonnée à un discours de circonstances ou de convenance afin de trouver des solutions salvatrices sur le changement climatique…
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