C’est le thème du Conseil national du numérique réuni le jeudi 12 février 2026 à la Primature et présidé par monsieur le Premier Ministre Ousmane SONKO. Monsieur Abdoulaye Latsouck FAYE a fait le résumé dans le quotidien LE SOLEIL du mardi 24 février 2026, à la page 26 « Idées et Réflexions ».
J’ai lu avec attention ce document et me suis permis quelques rappels ainsi qu’appels, à nos responsables du NUMERIQUE et autres de notre pays. Je le fais pour encouragement des acteurs d’abord, mais secundo en ma qualité de doyen de la haute Administration de notre pays au Bureau Organisation et Méthodes de l’époque, par la fonction que j’y occupais : Chef de la section informatique.
Toutefois aussi j’ai été :
– Le Secrétaire permanent du Comité national informatique du Sénégal, présidé par monsieur le Ministre d’Etat Jean COLLIN de 1981 à 1990 ;
– Enseignant ou enseignant des Enseignants des quelques responsables étatiques actuels de notre pays à l’Université Cheikh Anta DIOP de Dakar, soit à la Faculté des Sciences exactes (B 5 – Informatique industrielle – Département Analyse numérique), soit à la Faculté des Sciences Juridiques et Economiques (3ème et 4ème années en Informatique de gestion), soit à l’Ecole Supérieure Polytechnique (ESP) en Informatique-système (Département informatique) et en Sciences physiques (Départements Génie civil) , soit à l’Ecole Nationale des Travailleurs Sociaux Spécialisés (ENTSS – Informatique de gestion), ou à l’Ecole Nationale des Officiers d’Active de Thiès en Ordonnancement ((Méthodes PERT (Américain) et Potentiel (Français)), lorsqu’elle était dirigée par le Général KEITA ou à l’ex-Service Central du Chiffre de la Présidence de la République (Sciences physiques).
Revenant à notre sujet, dans le compte-rendu ci-dessus énoncé, je me permettrais un :
– Rappel, et
– Appel.
Je cite : L’identité : Bien plus qu’une matricule.
On parle souvent d’identité numérique sous l’angle
de l’état civil. L’actualité récente, marquée par des rapports inquiétants sur des cas d’usurpation d’actes d’état civil et des présomptions de trafic de numéros d’extraits au profit de tiers, nous rappelle l’urgence de cette réforme. Seule une identité robuste et sécurisée permettra de verrouiller définitivement ces failles et de restaurer la confiance citoyenne.
L’exemple du Bénin, qui a réussi une mutation
Exemplaire en dotant chaque citoyen d’un identifiant unique pour moderniser son Administration doit nous inspirer.
I – Rappel.
Mais le Sénégal peut et doit aller plus loin. Notre identité, c’est aussi ce que nous projetons au monde et à travers nos récits, nos livres, nos films et nos musiques.
Le fait du rappel est qu’en ce point, je voudrais informer qu’au Sénégal, on est déjà plus loin que tous les Etats de l’Afrique francophone, depuis 1986.
En effet, dans le cadre du « Schéma directeur informatique » de notre pays (décembre 1982), réalisé par le Comité National
Informatique au Bureau Organisation et Méthodes en 1986 et qui était financé par le 9ème FED, il a été créé :
– Un numéro d’identification unique des personnes physiques, et
– Un numéro d’identification unique des personnes morales.
1-1- Système d’identification unique des personnes physiques
Un Système d’identification national unique ou Numéro d’Identification Unique (NIN) pour toutes les Administrations sénégalaises ayant à immatriculer des personnes physiques, en vue de la constitution d’un Répertoire national.
La gestion de ce Répertoire est confiée à la Direction du Traitement Automatique des Fichiers (DAF) du Ministère de l’Intérieur, qui effectue les traitements automatiques des éléments d’identification nominatifs des personnes physiques fournies par les services associés.
Le fonctionnement du Répertoire, ainsi que les services associés sont fixés par Arrêté du Ministre de l’Intérieur.
Sont inscrits au Répertoire tous les nationaux sénégalais ainsi que l’ensemble des personnes de nationalité étrangère figurant aux fichiers des services associés.
Le Ministère de l’Intérieur est chargé des textes législatifs et règlementaires du Répertoire.
1-2- Numéro d’identification unique des Personnes morales
Dans le même souci de responsabilité, de recherche, d’organisation, de rationalité et d’inter-communicabilité optimale entre l’Administration et les personnes morales, il a été mis un Système d’immatriculation unique ou Répertoire des personnes morales, visant à satisfaire deux objectifs :
– mettre à la disposition des Utilisateurs administratifs ou statistiques un Répertoire des entreprises, des établissements et des associations leur fournissant une identification unique pour leurs besoins propres ; et
– assurer un rôle de coordination inter-administrative en permettant et favorisant les échanges et en allégeant les formalités les plus courantes auxquelles sont soumises les Administrations.
Le Ministère de l’Economie et des Finances est chargé des textes législatifs et réglementaires.
Il a été ainsi prévu, un Centre Unique de Collecte de l’Information (CUCI) à la Direction de la Statistique qui, sera le point focal en assumant la coordination des modalités de fonctionnement et de développement du Répertoire des personnes morales.
1-3- En plus de ces deux modules : personnes physiques et personnes morales, d’autres peuvent être ajoutés à titre d’information :
– Sol, Superstructure et Réseaux, module ramené au Système d’information foncière avec quatre projets :
· La décentralisation des opérations du Trésor ;
· Le tableau de bord des finances publiques ;
· L’informatisation des services du Trésor (Thiès, Kaolack, Diourbel, Saint-Louis, Ziguinchor, Tamba ainsi de la Perception de Dakar Centre);
· La Gestion des crédits d’enlèvement en Douane par cartes à microprocesseur (CP8) ou automatisation pour améliorer les Opérations du Trésor qui est devenue GAINDE (Gestion Automatisée des Informations de la Douane).
– L’adressage postal du Sénégal ;
– La Normalisation des applications informatiques de l’Etat ;
– L’état civil ;
– La formation en informatique des Agents de l’Etat : Décideurs, Techniciens ainsi qu’Utilisateurs;
– L’informatique à l’école (Projet Logo du Ministère de l’Eduction Nationale) ;
– La mise en place du Centre informatique de l’ex-ENSUT en 1982 avec structure (immobilier et mobilier), outils technologiques, Professeur et Chef du Département (Canal Richard) avec des bourses d’études aux étudiants en internat (15 nouveaux bacheliers sur concours et 15 Agents venant de l’Administration, à la demande de leur hiérarchie) ;
– Le Projet « Commudity-aid » qui a permis à la demande du Sénégal, le don de milliers de micro-ordinateurs de marque « Olivetti » distribués à l’UCAD et dans l’Administration, par à la Coopération italienne.
Même une Société de maintenance informatique (Alessandrini) a été gratuitement installée à Dakar pour les réparations (matériels et logiciels) des machines.
– IBINET : Réseau de Transmission de Données par Satellite du Bureau Intergouvernemental pour l’Informatique de Rome dont le Centre Régional de Formation pour l’Afrique Francophone était installé à Dakar. Ce Centre régional comptait parmi les cinq Centres du monde de l’informatique (Madrid en Espagne pour l’Europe, Mexico au Mexique pour l’Amérique Latine, Abou Dhabi pour l’Arabie, Lagos au Nigéria pour l’Afrique anglophone et Dakar pour l’Afrique francophone) ;
– Le Projet SENPAC en 1986 (Transmission de Données par Paquets) de la Sonatel, structure qui était sous le couvert du Comité National de Coordination des Télécommunications (présidé par monsieur le Ministre d’Etat Jean COLLIN et dont Secrétaire permanent était le Chef de l’ex-Service Central du Chiffre du Secrétariat Général de la Présidence de la République) en étroite collaboration avec le Comité National Informatique car à cette époque on parlait de téléinformatique : les Télécommunications formant avec l’Informatique un duo inséparable de « contenant » et de « contenu » ;
– SYSTEL : Projet dérivé de BISTEL (Système d’Information du Gouvernement Belge par Téléphone) qui était l’intranet de notre Gouvernement ;
– SYMAG : Projet de fabrique de micro-ordinateurs avec la France et le Canada (Micro-méga), le Sénégal en concurrence avec le Maroc, la Tunisie et l’Algérie ;
– Entre autres.
Ce qui précède m’amène à demander, où se trouvent les archives du BOM lorsque la Section informatique y existait?
Lors des trois conférences mondiales sur l’informatique ((Politiques et Stratégies Informatiques (ESPIN 1,2 et 3) à Tore Molinos en 1978 (Espagne), à Rome en 1980 et 1984 (Italie, seul le Sénégal a eu un satisfecit comme pays non européen
II – Appel.
2 – 1 – Concernant l’arrivée de STARLINK, Orange Digital Center (ODC) et autres, sachons que la morale n’est pas un sujet technique et que, seules les connaissances scientifiques et techniques permettront d’être à l’abri.
Ce que nul n’est d’ailleurs de nos jours, à cause de l’impérialisme culturel et de ses résiliences (extase et effroi).
2 – 2- l’ingénierie financière et surtout la Culture cœur et boussole du Projet (Permettez-moi du « Programme » en français et en gestion, à savoir un ensemble de Projets), sont dans le « fond de ce qui est convenu d’appeler ici le «numérique au Sénégal » ou système automatique du traitement de la connaissance, ou Intelligence artificielle (diverses applications algorithmiques intégrées et optimisées, valables selon un temps donné) »».
En effet tout sera culture (ensembliste, commun vivre en commun) à différencier avec le culte (((individuel, hommage que l’on rend à un Dieu unique ou à un Saint personnage (Idolâtrie), ou à plusieurs Dieux (Paganisme))), ou Animisme, entre autres.
Et ceci renvoie à ce que chaque personne, chaque peuple, chaque nation en a une vision propre, au travers d’un prisme de sa propre identité culturelle. Mais ici comme bien dans d’autres domaines, la diversité des sensibilités observées maquille, semble-t-il un même dénominateur commun.
Est-il alors généralement admis que, le développement fait écho, entre autre choses, à des mutations qualitatives des éléments culturels et du cadre de vie, à l’accroissement cumulatif des connaissances, de moyens financiers, de capacités de production de biens et de services et de l’efficacité d’organisation, au sein d’un groupe humain, sécurisé, donné.
Ce sera la numérisation de la langue, des opérateurs logiques, des images et des sons, la capacité de les traiter par algorithmes unifiés, plus la capacité de transmettre ces immenses suites numériques instantanément, à travers tout le pays et même toute la planète.
Ce qui permet de produire et de transférer une représentation en chiffres, images et sons d’une situation numériquement décrite.
Ainsi virtualité et globalité, telles sont les nouvelles dimensions que le traitement automatique de la connaissance apporte à la culture.
En un mot, sachons prendre le temps d’examiner nos expériences à travers la grille de nos schémas, de nos représentations mentales, et soyons capables de modifier cette grille en fonction des résultats, ou vice-versa.
Ainsi, nous saurions que l’expérience n’est formatrice que si l’on sait prendre le temps et le recul nécessaires, par rapport à elle, pour l’examiner, la confronter, la conceptualiser et si l’esprit apprend à y reconnaître des catégories, à ordonner les faits, qui la composent.
C’est ainsi qu’une Gouvernance au service de la Communauté, c’est connaissances, compétences et non pouvoir autoritaire aux fins de fortifier les engagements des citoyens plus que d’en faire des bénéficiaires passifs.
Enfin, même si l’informatique en particulier et la technologie en général ne doivent pas sacrifier l’héritage culturel d’un pays, il faut quand même, se résoudre à accepter que celles-ci, comme l’entreprise sont sans conteste des faits de civilisation, avec surtout leurs exigences ainsi qu’effets induits et riment avec le « changement » : se mettre à jour. Le Sénégal n’échappe pas à ce défi du « télétraitement automatique de la connaissance ».
Abdoulaye Faty MBOW
Ingénieur informaticien de Classe Exceptionnelle
Ancien Contrôleur interne du BOM
Ancien Président des Sections industrie et incendie de l’ONES.
A participé au 1er Congrès des Hommes de Science Africains en 1987 à Brazzaville (République du Congo)


