Le 31 décembre 2025, le Président Bassirou Diomaye Faye a décrété 2026 « année de l’Emploi et de l’Économie sociale et solidaire ». Certains ont accueilli cette annonce comme une formule de plus dans le rituel des vœux de fin d’année. Ils ont tort — et les chiffres leur donnent tort avec une brutalité que les mots ne peuvent qu’à peine égaler. Chaque année, entre 200 000 et 300 000 jeunes Sénégalais frappent à la porte du marché du travail. L’économie formelle, elle, n’ouvre cette porte qu’à environ 30 000 d’entre eux. Les 270 000 autres se débrouillent — dans la débrouille de l’informel, dans l’attente sans horizon, ou dans la décision la plus radicale qui soit : tout quitter et risquer sa vie sur une pirogue. Ce n’est pas un problème social parmi d’autres. C’est le pouls d’une nation qui n’a plus le droit d’atermoyer.
C’est dans ce contexte — et parce que ce contexte commande une réponse à la hauteur de son urgence — que le Président a eu raison de placer l’emploi au sommet de l’agenda national. Cette tribune est la contribution de l’UNDP/YEMALE à ce débat : non pas pour applaudir, mais pour penser, chiffrer et exiger que la vision se transforme en trajectoire irréversible.
Ce que le recensement nous dit — et que nous n’entendons pas assez
Il y a, dans les données officielles du cinquième Recensement général de la Population et de l’Habitat — le RGPH-5, publié en 2023 — une vérité que le débat politique sénégalais n’a pas encore pleinement absorbée. Le Sénégal compte aujourd’hui 18,1 millions d’habitants. Il en comptera le double dans vingt-cinq ans, à raison de 2,9 % de croissance annuelle. Dans une génération, le Sénégal devra nourrir, former, soigner et employer autant de citoyens supplémentaires qu’il en compte aujourd’hui. C’est à cette réalité-là que nos politiques publiques doivent répondre — pas aux prochaines élections.
La jeunesse de cette population est à la fois sa plus grande promesse et son défi le plus vertigineux. Trois Sénégalais sur quatre ont moins de 35 ans. L’âge médian de la population est de 19 ans — l’âge d’un étudiant en première année. Si nous les outillons, ils transformeront cette énergie en richesse collective. Si nous les laissons sans formation ni perspective, cette même énergie se retournera — contre eux d’abord, contre la stabilité sociale ensuite.
Mais voici ce que les chiffres de l’éducation révèlent avec une franchise qui devrait nous interdire toute autosatisfaction. Certes, 81 % des enfants sénégalais accèdent à l’école primaire — c’est un acquis réel. Pourtant, à peine la moitié d’entre eux atteignent le collège. Et au secondaire, le taux tombe à 30 %. Sur dix enfants qui posent leur cartable sur un banc d’école primaire, sept quittent le système scolaire avant le baccalauréat. Et le chiffre le plus révélateur de tous : seulement 1 Sénégalais sur 10 en âge de travailler a jamais suivi une formation professionnelle. Un seul sur dix. Dans un pays où les trois quarts de la population ont moins de 35 ans, ce chiffre n’est pas une statistique — c’est un réquisitoire.
La mise en place opérationnelle des Pôles-Territoires — ces huit entités de développement intégré que le Président a érigées en épicentres du succès de sa politique économique et sociale — représente l’une des réformes structurelles les plus importantes de ce mandat. Le Chef de l’État a lui-même souligné l’urgence de leur mise en place, précisant qu’ils devaient constituer les réceptacles de projets emblématiques dans chaque entité, en cohérence avec l’Agenda national de Transformation. La Vision Sénégal 2050 projette que les pôles économiques hors du Grand Dakar représenteront 71 % du PIB en 2050, contre seulement 47 % aujourd’hui — un rééquilibrage dont l’ampleur dit à lui seul l’urgence d’agir.
Un silence dans les données — et ce qu’il nous coûte
Il est une réalité que les données démographiques révèlent et que le débat public sénégalais n’a, à ce jour, jamais vraiment nommée. L’Annuaire Population du Sénégal 2024 de l’ANSD documente un phénomène discret mais lourd de sens : à la naissance, le Sénégal compte naturellement 108 garçons pour 100 filles. Mais entre 15-19 ans et 20-24 ans, ce rapport s’inverse brusquement : on passe à 98 hommes pour 100 femmes. Et la tendance s’accentue inexorablement — seulement 81 hommes pour 100 femmes après quatre-vingts ans.
Ce renversement n’est pas une curiosité statistique réservée aux démographes. C’est le signal que les jeunes hommes sénégalais meurent trop tôt, trop vite, et pour des causes largement évitables. En France, ce basculement ne se produit qu’entre 25 et 35 ans. Au Sénégal, il survient dix ans plus tôt. Les accidents de la route, les comportements à risque faute d’encadrement, les violences liées à la précarité urbaine, l’exposition à des travaux dangereux sans filet de protection — autant de causes documentées, autant de causes évitables.
Chaque jeune homme de 22 ans qui meurt sur une route ou dans un accident de chantier non sécurisé, c’est dix ans de formation engloutis, une famille plongée dans la précarité, et le dividende démographique qui saigne en silence.
Préserver la vie de nos jeunes hommes entre 20 et 35 ans n’est pas seulement un impératif moral — c’est une politique économique à part entière.
La bifurcation historique : richesse ou chaos ?
Le concept de dividende démographique désigne la période pendant laquelle la population active croît plus vite que la population dépendante, créant mécaniquement un surplus de productivité potentielle. C’est cette fenêtre que les pays d’Asie du Sud-Est ont saisie dans les années 1970 pour financer leur décollage industriel spectaculaire. Le Sénégal se trouve aujourd’hui dans cette fenêtre. Mais les fenêtres se ferment.
Car la démographie seule ne produit pas de richesse. Elle pose une question — elle n’y répond pas. Soit la jeunesse est éduquée, formée, en bonne santé, intégrée dans un secteur privé dynamique : le boom démographique devient un moteur de prospérité collective. Soit elle est livrée à elle-même, sous-qualifiée, confinée dans la précarité de l’informel ou contrainte à choisir entre le désespoir et la pirogue : le même boom se transforme en bombe sociale à retardement.
L’expression « Barça ou Barsakh » — partir ou mourir en mer — n’est pas une métaphore de l’inconscience. C’est le résultat d’un calcul parfaitement rationnel. Le Sénégal a enregistré, entre 2018 et 2023, plus de 166 000 émigrants pour seulement 56 000 immigrants — un rapport d’un pour trois qui résume le verdict silencieux que des centaines de milliers de nos compatriotes rendent sur les perspectives que leur offre leur propre pays.
Un boom démographique non accompagné n’est pas une promesse. C’est une convocation devant le tribunal de l’histoire.
L’emploi : une vérité que la politique doit avoir le courage de dire
Depuis des décennies, tous les gouvernements qui se sont succédé au Sénégal ont promis de « créer des emplois ». Cette formulation est populaire, rassurante — et intellectuellement inexacte. Les États ne créent pas des emplois durables et à grande échelle. Ils créent les conditions dans lesquelles des entrepreneurs, des entreprises et des investisseurs créent des emplois. Si l’on comprend que c’est le secteur privé qui les crée, on simplifie l’environnement des affaires, on donne aux PME accès au crédit et on garantit la prévisibilité juridique et fiscale.
Promettre de créer 500 000 emplois est un exercice politique connu. Construire un écosystème dans lequel des entrepreneurs sénégalais créent 500 000 emplois — c’est un projet de civilisation.
Le secteur formel privé sénégalais emploie aujourd’hui environ 335 000 salariés — à peine la population d’une ville de taille moyenne. Dans un pays de 18 millions d’habitants où 300 000 jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, ce chiffre dit l’ampleur du chemin à parcourir. Plus révélateur encore : 64 % des travailleurs sénégalais sont des indépendants qui s’inventent un emploi faute d’en trouver un. Ce n’est pas la force du tissu économique sénégalais. C’est sa fragilité déguisée en vitalité.
Le drame silencieux des PME — naître, disparaître, recommencer
Le cœur du problème se lit dans un chiffre que la première Enquête nationale sur la démographie des entreprises du Sénégal — l’ENDES, rendue publique en mars 2026 par l’ANSD — vient de rendre officiel : sur 100 entreprises créées au Sénégal, 86,6 % passent la première année, mais seulement 53,8 % tiennent plus de cinq ans. Près d’une entreprise sénégalaise sur deux disparaît avant son cinquième anniversaire. On les a justement appelées les « sociétés kleenex » — utilisées puis jetées, avant d’avoir eu le temps de créer de l’emploi durable, de former des apprentis ou de contribuer à la fiscalité nationale.
Ce constat est d’autant plus alarmant que 96,4 % des entreprises sénégalaises partent de zéro, par création ex nihilo — des hommes et des femmes qui osent, qui risquent leurs économies, souvent celles de leur famille entière. Leur échec précoce n’est pas un manque de courage. C’est le produit d’un environnement qui ne les accompagne pas au moment où ils en ont le plus besoin.
L’ENDES révèle que 34,6 % des entrepreneurs interrogés ont évoqué des difficultés liées au financement, et que certains ignorent même l’existence de structures d’appui comme l’APIX, la DER, l’ADEPME, le FONGIP, l’ANPEJ ou le FONSIS. L’information est devenue un facteur de production à part entière — et son absence tue des entreprises aussi sûrement que le manque de capital.
Il y a ici une responsabilité collective que nous devons nommer sans détour : les structures publiques d’appui à l’entrepreneuriat — et au premier rang l’APIX, guichet unique de l’investissement — doivent intensifier massivement leur communication vers le tissu des petites entreprises. Vers la couturière de Kaolack, le maçon de Louga, l’agro-transformatrice de Sédhiou qui portent dans leurs mains les germes d’emplois futurs mais qui ignorent que l’État a prévu des dispositifs pour les aider. La digitalisation des services à travers le guichet unique en ligne est un premier pas — mais il faut maintenant s’assurer que ce pas est connu, compris et emprunté par tous.
La formation professionnelle : le 3FPT ouvre une brèche qu’il faut élargir
Il serait injuste de dresser un tableau uniquement sombre de la situation. Des signaux positifs émergent, et l’honnêteté intellectuelle commande de les saluer avec la même vigueur que l’on met à pointer les insuffisances.
Le 10 mars 2026, le Fonds de Financement de la Formation Professionnelle et Technique — le 3FPT — a lancé son « Catalogue de formation continue », un outil numérique déployé sur la plateforme Smart 3FPT, destiné à faciliter la mise en relation entre opérateurs de formation et entreprises. Pour la première fois, une entreprise sénégalaise pourra trouver en ligne, rapidement et sans démarches complexes, l’offre de formation qui correspond précisément à ses besoins réels. Le directeur général du 3FPT a présenté cet outil comme « le symbole d’une nouvelle gouvernance de la formation professionnelle, fondée sur la transparence, l’efficacité et la digitalisation ».
Ce Catalogue est une brèche. Il faut maintenant l’élargir. L’outil existe — encore faut-il que les entreprises des régions, celles qui opèrent dans les futurs Pôles-Territoires de Kolda, de Saint-Louis ou de Kaffrine, sachent qu’il existe et sachent s’en saisir. Ce dialogue permanent entre le monde de la formation et le monde de l’entreprise — structuré, institutionnalisé, numérisé — est la condition sine qua non pour que la formation professionnelle devienne une voie royale vers l’emploi qualifié et la création de valeur.
Les agropôles : une architecture industrielle territoriale à la hauteur de l’ambition
Dans ce contexte d’urgence pour l’emploi et la transformation structurelle, le Programme national de développement des agropôles du Sénégal (PNDAS), piloté par le ministère de l’Industrie et du Commerce sous la direction du Dr Serigne Guèye Diop, représente l’une des réponses les plus concrètes que le gouvernement ait formulées. Constitué de cinq projets structurants — Agropoles Sud, Centre, Nord, Est et Ouest — ce programme figure parmi les priorités retenues dans la Vision Sénégal 2050, positionnées sur les axes stratégiques de souveraineté économique et de développement territorial. Sa vocation est précise : faire de l’agro-industrie le moteur de la transformation structurelle de l’économie sénégalaise, en réconciliant enfin le monde agricole et le monde industriel autour de chaînes de valeur intégrées.
L’échelle de l’ambition mérite d’être soulignée. En décembre 2025, devant l’Assemblée nationale, le ministre a annoncé le démarrage en 2026 des travaux de 28 plateformes agro-industrielles dans les régions du centre et du sud (Fatick, Kaffrine, Diourbel, Kaolack, Sédhiou, Kolda, Ziguinchor), accompagnées de 30 zones industrielles, pour un budget de 109 milliards de FCFA — soit environ 193 millions de dollars. Les agropôles de l’est et du nord sont, quant à elles, programmées pour 2027. L’État a mobilisé, auprès de ses partenaires techniques et financiers, plus de 500 milliards FCFA pour financer les infrastructures structurantes de ces zones. La Banque africaine de développement (BAD) et la Banque islamique de développement (BID) figurent parmi les bailleurs déjà engagés. L’Agropole Centre, portée par un financement européen estimé à environ 165 millions d’euros, cible à elle seule la création de quelque 350 000 emplois durables dans les régions de Fatick, Kaolack et Kaffrine — trois bassins de production qui attendaient depuis trop longtemps une industrialisation à la hauteur de leur potentiel agricole.
Le modèle des agropôles est fondé sur une logique d’intégration verticale et territoriale : en amont, l’appui aux producteurs agricoles pour augmenter de 40 % la disponibilité des matières premières ; au centre, des parcs agro-industriels dotés d’équipements de transformation ; en aval, la mise en marché structurée des produits transformés via les coopératives, les interprofessions et les exportateurs. Chaque agropôle sera également dotée d’incubateurs dédiés aux jeunes, aux femmes et aux GIE, pour permettre aux micro-entreprises de monter en gamme sur les plans technique et commercial. En cela, les agropôles ne sont pas seulement une politique industrielle : elles sont aussi une politique d’inclusion économique.
Mais l’UNDP/YEMALE entend poser la question qui s’impose face à toute promesse industrielle de cette ampleur : la capacité d’exécution est-elle à la hauteur de la vision ? Les agropôles souffrent encore d’un déficit de notoriété auprès du tissu des PME/PMI qu’elles sont censées faire croître. Beaucoup d’entrepreneurs de Sédhiou, de Kolda ou de Kaffrine ignorent aujourd’hui que des dispositifs d’accompagnement, de mise en relation avec des agro-industriels et d’accès aux marchés sont en cours de déploiement à leur porte. Par ailleurs, la mobilisation du secteur privé — condition sine qua non du succès — vient seulement d’être officiellement lancée en mars 2026 sous la présidence du Premier ministre Ousmane Sonko. Il faut maintenant que ce lancement se traduise en contrats signés, en investissements réalisés, en emplois créés — et non en séminaires supplémentaires. Les agropôles sont une excellente architecture. Le vrai test commence maintenant, sur le terrain, dans les zones industrielles et les parcs agro-industriels que les bulldozers doivent transformer en réalité d’ici la fin de l’année 2026.
Ce que ce gouvernement a commencé — et ce qu’il faut désormais exiger
Il serait malhonnête de ne pas reconnaître que le gouvernement du Président Bassirou Diomaye Faye a posé des actes concrets qui vont dans le bon sens. La création de huit nouveaux Instituts supérieurs d’enseignement professionnel, la réforme des curricula, le recrutement de 2 000 enseignants dans les zones prioritaires, le déploiement de 76 ambulances médicalisées en 2025 suivi de 112 nouvelles en 2026, le New Deal Technologique, l’adoption du nouveau Code des investissements, la mise en chantier des Pôles-Territoires après une concertation nationale ayant réuni 2 700 participants — autant de décisions réelles, qui touchent des vies réelles.
Lorsque le Président affirme que « chaque jeune que vous voyez est porteur d’un projet » et que « le Sénégal de 2050 sera porté par une jeunesse compétente, dynamique et préparée à répondre aux défis du monde moderne », il énonce un contrat. Et un contrat engage.
C’est précisément parce qu’il engage que nous formulons, au nom de l’UNDP/YEMALE, les exigences de mise en œuvre suivantes — non pas comme une mise en cause, mais comme la contribution d’un allié qui veut que le projet réussisse et qui dit la vérité sur ce que cela exige.
Première exigence : que les Pôles-Territoires soient activés comme moteurs réels de création d’emplois, avec des projets emblématiques concrets dans chaque entité — agropoles, zones industrielles légères, hubs de services — et non comme des entités administratives supplémentaires.
Deuxième exigence : que l’écosystème d’appui aux PME — APIX, ADEPME, DER, FONGIP — communique massivement, simplement et territorialement vers les entrepreneurs qui ignorent son existence. L’information est un facteur de production. La rendre accessible à tous est un acte de politique économique immédiatement réalisable.
Troisième exigence : que le Catalogue du 3FPT soit déployé dans l’ensemble des Pôles-Territoires comme outil de dialogue permanent entre entreprises et centres de formation, et que son usage soit rendu incontournable pour tout organisme de formation sollicitant un financement public.
Quatrième exigence : une politique explicite de préservation du capital humain masculin jeune. Réduire la surmortalité des hommes de 20 à 35 ans — par la sécurisation des routes, la prévention des accidents du travail et la santé masculine ciblée — est un investissement économique, pas seulement une politique de santé publique.
Le rendez-vous de 2050 se prépare maintenant
Dans vingt-cinq ans, le Sénégal comptera environ 36 millions d’habitants. Ces femmes et ces hommes seront soit le moteur d’une Afrique de l’Ouest transformée, soit la preuve d’une occasion manquée. Ce qui se décide aujourd’hui — dans les salles de classe de Tambacounda, dans les ateliers de formation professionnelle de Saint-Louis, dans un Pôle-Territoire qui prend vie à Kolda ou à Kaffrine, dans le bureau d’une PME de Ziguinchor qui cherche un crédit et qui ne sait pas encore qu’elle peut le trouver — c’est de quel côté de cette bifurcation le Sénégal aura choisi de se placer.
Le Président Bassirou Diomaye Faye a eu raison de décréter 2026, année de l’Emploi. Il a eu raison de faire du capital humain le quatrième pilier de Sénégal 2050. Il a eu raison de placer les Pôles-Territoires au cœur de la transformation économique du pays. Ces convictions sont les bonnes. Elles ont maintenant besoin d’une chose que les discours ne peuvent pas fournir : du temps, de la méthode, un secteur privé libéré de ses entraves, une information accessible à tous les entrepreneurs — et la vérité sur ce que tout cela exige vraiment.
Soutenir le Président, pour l’UNDP/YEMALE, n’a jamais signifié lui dire que tout va bien. Cela signifie lui dire avec clarté, données à l’appui, où se trouvent les leviers — et l’accompagner avec la même exigence que celle qu’il s’impose à lui-même. Car derrière chaque statistique de cette tribune, il y a des visages que le Président connaît : le fils d’agriculteur de Matam qui veut apprendre un métier mais n’a pas de centre de formation à moins de cent kilomètres, la femme entrepreneur de Kaolack dont le projet meurt faute d’un prêt qu’elle aurait pu obtenir si seulement elle avait su où frapper, le garçon de 23 ans de Pikine qui ne figure dans aucune statistique d’emploi mais dont la vie compte autant que celle de n’importe quel indicateur macroéconomique.
C’est pour eux que se gouverne. C’est pour eux que se réforme. Et c’est pour eux — pas pour les tribunes ni pour les podiums — que ces 900 jours doivent compter.
Dr Isaac SISSOKHO
Secrétaire Général — Parti UNDP/YEMALE
Membre de la Coalition Diomaye Président
Expert en Gouvernance, Régulation et Stratégie de Développement Numérique


