Les maires et les présidents de Conseil départemental ne seront pas en reste dans le cadre du programme d’évaluation des politiques publiques. Ainsi en a décidé le Chef de l’État qui, lors du Conseil des ministres du mercredi 20 mai 2026, a instruit le ministre des Collectivités territoriales, Moussa Bala Fofana, « de réfléchir, avec les acteurs de la décentralisation, sur un dispositif pertinent d’évaluation des maires et présidents de conseil départemental ». Au-delà des maires, la gestion des ministres, gouverneurs, préfets, sous-préfets, ambassadeurs, consuls, etc. sera fouillée. C’est donc un exercice de redevabilité, de transparence et de bonne gestion qui est visée à travers cette volonté du Chef de l’État.
Pour le cas des maires et présidents de Conseil départemental, le chef de l’État est dans son droit de jeter un regard sur le travail des élus qui assurent des missions de service public. Au quotidien, les élus locaux font tout pour satisfaire les besoins des populations. Mais derrière, l’État ne cesse de les accompagner pour qu’ils puissent répondre aux nombreuses sollicitations. Chaque année, plusieurs centaines de milliards de francs sont injectés par le gouvernement dans les communes et départements à travers divers fonds (dotation, équipement, Cel, etc.). Sans compter l’appui des programmes tels que le Pacasen, Promovilles, Puma, la Der, etc. Certes, depuis la réforme de la décentralisation de 1996, les compétences des maires ont été revues et portées à neuf, mais tous ces programmes engloutissent des fonds publics que l’État a mobilisés pour accompagner le développement des territoires.
Seulement, la confiance n’exclut pas le contrôle, a-t-on l’habitude de dire. C’est pourquoi ces élus qui assurent des compétences octroyées par l’État doivent se soumettre à cette évaluation souhaitée par le Chef de l’État. Cela permettra surtout aux autorités publiques de connaître les forces et faiblesses de leur action sur les territoires, mais également de mieux ajuster leur intervention au profit des couches les plus vulnérables de la société. Il faut le dire, certains maires qui se glorifient d’avoir cumulé deux à trois mandats successifs ne pensent jamais utile de faire leur auto-évaluation. Ils ont peut-être des choses qu’ils n’aimeraient pas que leurs administrés sachent ou comprennent. Mais d’autres ont pourtant donné l’exemple. Barthélémy Dias, alors maire de Dakar, avait fait son bilan à mi-parcours après deux ans et demi à la tête de la Ville. Ce fut un échange direct entre lui et les Dakarois à qui il avait fait part de ses réalisations, de ses projets, mais également des blocages auxquels il faisait face pour honorer certains engagements.
On peut citer aussi le maire de Yoff, Seydina Issa Laye Samb, dont la commune adhère au Partenariat pour un gouvernement ouvert (Pgo), une plateforme internationale qui promeut l’accès à l’information, la transparence dans l’action publique, etc. Par devoir et dans un souci de rendre compte, le maire de cette commune se prête souvent à cet exercice. C’est donc cette culture d’évaluation et d’autoévaluation que le chef de l’État vise en prenant une telle décision. Loin d’y voir une quelconque ingérence ou visée politique, les élus doivent se préparer à ouvrir leurs portes aux évaluateurs. D’ailleurs, à l’heure des élections territoriales, il est nécessaire, voire obligatoire pour chaque maire et président de Conseil départemental, de faire son bilan à la tête de sa collectivité territoriale. maguette.ndong@lesoleil.sn


