Le mariage en milieu mancagne connaît trois étapes fondamentales dont la dot (« Pémob Bénime ») ou les noces, la cérémonie sacramentelle (« Bédith ») et la libation à travers des lieux sacrés (« Idengh ») ou « Péfoy Méntène ». Traditionnellement, le choix de l’épouse s’opère avant sa naissance par le jeune homme nouvellement initié, par son père ou par son parrain.
BIGNONA – Le mariage traditionnel mancagne unit un homme et une femme comme dans la plupart des ethnies, mais qui n’ont aucun lien de parenté.
Le Mancagne connaît deux procédures pour le mariage. La première, qui est la plus longue, commence par le choix de la famille de la future mariée, avant même sa naissance. Ce choix est opéré par le jeune homme nouvellement initié, son père ou par le parrain.
Le processus va de la grossesse de la future belle-mère à l’âge adulte de la fille. Ainsi, lorsqu’une femme est en état de grossesse, se présente aussitôt auprès d’elle un jeune garçon qui se proposera de l’aider dans les tâches de la maison.
C’est le « Pjiok katoh », « c’est-à-dire choisir la maison de sa future épouse », explique Léontine Dandine Boissy, une vieille dame mancagne.
À la naissance de la fille (« Pjiok Aa »), « le jeune garçon vient donner un morceau de bois sec à la maman qui l’utilise pour faire du feu. À l’âge d’un an, le jeune garçon offre un bracelet qu’il attache, lui-même, à la petite fille, ce qui constitue un geste visible de son intention.
Après six à sept ans, les oncles de la fille sont informés de cette intention par l’offrande d’un litre de « cana » (boisson alcoolisée) par le prétendant.
À l’âge de 15 à 18 ans, le père de la fille demande au prétendant d’apporter six chèvres qui seront un bien pour toute la famille paternelle », poursuit Léontine Dandine Boissy.
Ensuite, arrive le « Umob », une grande festivité organisée par le futur marié.
S’ensuivent d’autres petits rites intermédiaires avant le mariage proprement dit.
La deuxième procédure de mariage est plus courte et plus pratiquée de nos jours, mais comporte presque les mêmes démarches que la première.
La polygamie est une des caractéristiques du mariage mancagne qui comporte trois étapes fondamentales.
La dot ou « Pémob Bénime » consiste à donner à la famille de la fille six chèvres, l’équivalent d’une génisse et un galon (deux litres) de « cana ».
Les noces ou jouissances « Pétame Bénime » comprennent six chèvres, un porc, dix litres de « cana », du riz, de l’huile de palme, du sucre, du pain, deux pagnes en cotonnade, un drap de lit et d’autres ingrédients, selon les moyens du futur époux.
Le rite sacramentel ou « Bédith » consacre le mariage entre les deux fiancés alors que la libation des lieux sacrés (« Idengh ») ou « Péfoy Méntène ») marque les festivités finales.
Avant le rite sacramentel, les deux fiancés sont autorisés à vivre en concubinage et non en époux légaux.
« Après la dot, le fiancé qui n’a pas les moyens pour célébrer les noces peut être autorisé à accomplir le rite sacramentel », précise Léontine Dandine Boissy.
Par Kadidiatou SONKO

