De la mangrove aux marchés, les femmes de Casamance et du Delta du Sine-Saloum franchissent une nouvelle étape vers leur autonomie économique. Réunies ce jeudi 18 juin à Ziguinchor, lors d’un atelier de mise en relation d’affaires, elles multiplient les partenariats pour transformer leurs initiatives communautaires en entreprises sociales durables.
ZIGUINCHOR- À Ziguinchor, les femmes engagées dans la préservation des ressources naturelles veulent désormais faire de leur savoir-faire un véritable levier de développement économique. A cet effet, 20 organisations communautaires issues du Blouf, de Kafountine, de Bounkiling et de Bignona, ont pris part ce jeudi 18 juin à un atelier de mise en relation d’affaires (B2B) organisé dans le cadre du projet Natur’Elles (2023-2027).
Porté par la Société de coopération pour le développement international (Socodevi) avec l’appui du gouvernement canadien, ce programme ambitionne de renforcer le « leadership féminin dans la gestion durable des ressources naturelles tout en protégeant les écosystèmes de mangrove en Casamance et dans le Delta du Sine-Saloum ».
Pour les initiateurs, cette rencontre constitue une étape décisive. Après plusieurs années de formation, d’équipement et d’accompagnement technique, l’heure est désormais à la consolidation des acquis et à la conquête de nouveaux marchés. D’après Henriette Sylviane Sambou, spécialiste en développement organisationnel, les bénéficiaires ont profondément changé leur mode d’organisation.
« Les structures accompagnées sont passées d’initiatives isolées à une dynamique collective plus forte, favorisant le travail d’équipe et le développement d’activités économiques diversifiées », a-t-elle indiqué.
De l’ostréiculture à l’apiculture moderne, en passant par la transformation des produits et leur commercialisation, le projet a soutenu l’ensemble de la chaîne de valeur afin de permettre aux organisations de gagner en compétitivité et en autonomie. Autour de la même table, institutions de microfinance, acheteurs, fournisseurs d’intrants, collectivités territoriales et organisations communautaires ont échangé sur les opportunités de collaboration. L’enjeu est de bâtir des partenariats solides capables d’assurer la continuité des activités au-delà du projet.
« L’objectif est désormais de faciliter l’accès à des financements extérieurs afin que les organisations poursuivent leur croissance et diversifient davantage leurs activités », a souligné Mme Sambou. Parmi les bénéficiaires, Fatouding Goudiaby, secrétaire exécutive de l’Association des jeunes et des femmes de Dablé, a salué les résultats obtenus grâce aux appuis reçus dans les domaines de l’apiculture, de la préservation de la mangrove, de la pisciculture et du maraîchage. « Les formations, les équipements et les financements obtenus ont permis de renforcer nos capacités. Mais un accès plus flexible au crédit reste indispensable pour accélérer notre développement économique », a-t-elle plaidé.
À travers Natur’Elles, c’est tout un modèle de développement porté par les femmes qui se dessine, avec l’ambition de faire émerger des entreprises sociales viables, créatrices d’emplois et profondément ancrées dans la préservation des ressources naturelles.
Gaustin DIATTA (Correspondant)


