À l’occasion de la Journée mondiale de l’hémophilie ce 17 avril 2026, les acteurs de la santé alertent sur les difficultés persistantes liées à la prise en charge de cette maladie génétique, notamment l’indisponibilité des traitements dans le pays.
Selon une information rapportée par l’Agence de Presse Sénégalaise (APS), la prise en charge de l’hémophilie fait face à plusieurs défis majeurs au Sénégal, en particulier l’indisponibilité des médicaments essentiels. Le professeur Moussa Seck, médecin-chef du service d’hématologie clinique du Centre national de transfusion sanguine (CNTS) à Dakar, a indiqué que les traitements ne sont actuellement accessibles que grâce à des dons. « Les difficultés dans le traitement de l’hémophilie concernent principalement la disponibilité des médicaments. Aujourd’hui, un hémophile qui veut acheter son médicament ne pourra le trouver dans les pharmacies du pays », a-t-il déploré.
Le spécialiste s’exprimait en marge de la célébration de la Journée mondiale de l’hémophilie, commémorée chaque 17 avril, cette année autour du thème « Diagnostiquer : première étape du soin ». L’hémophilie est une maladie de la coagulation caractérisée par des saignements, souvent internes. « Ce sont surtout des hémorragies qui surviennent à l’intérieur des articulations, appelées hémarthroses », a expliqué le professeur Seck, soulignant la gravité de ces manifestations lorsqu’elles ne sont pas visibles.
D’origine génétique, la maladie est transmise par la mère et touche principalement les garçons. « Le garçon, qui ne possède qu’un seul chromosome X, développe la maladie dès que ce chromosome est atteint », a-t-il précisé. Le traitement de l’hémophilie repose notamment sur l’administration de facteurs de coagulation. Il peut s’agir d’un traitement substitutif administré lors des saignements, ou d’un traitement préventif régulier, une à deux fois par semaine, afin de réduire les risques hémorragiques.
Présent à la cérémonie, Alioune Badara Mbaye, secrétaire général de l’Association sénégalaise d’hémophilie, a plaidé pour un meilleur accès aux soins. Il a notamment invité les autorités à faciliter l’acquisition des facteurs de coagulation, afin d’assurer une prise en charge adéquate des patients. Dans un contexte où les traitements dépendent encore largement de l’aide internationale, les acteurs de la santé appellent à une réponse structurelle pour garantir aux hémophiles un accès durable et sécurisé aux médicaments.


