Dans un contexte marqué par la revalorisation du traitement des élus municipaux, la formation continue de ces derniers reste un talon d’Achille de la décentralisation politique au Sénégal. Dans sa Thèse de doctorat, soutenue le 25 février 2026, à l’Université du Québec, Abdoulaye Cissé, directeur exécutif d’Enda Ecopop, identifie les limites et préconise le renforcement du système.
L’entrée en vigueur de la fonction publique locale au Sénégal a été saluée par beaucoup d’acteurs de la décentralisation, en particulier les élus locaux qui bénéficient désormais de plus d’avantages et de considération. Seulement, cela ne doit pas occulter la problématique de la formation continue de ces derniers qui se pose avec acuité. Afin d’apporter sa contribution à la réflexion, Abdoulaye Cissé, directeur exécutif de l’Ong Enda Ecopop, a soutenu, le 25 février 2026, à l’Université du Québec, à Trois-Rivières, une Thèse de doctorat intitulé : « Gestion de la formation continue et développement des compétences : le cas des élus municipaux du Sénégal ». D’après le chercheur, malgré son importance pour de nombreux pays, il n’existe pas de consensus sur la manière dont la formation continue devrait être gérée encore moins les circonstances dans lesquelles les compétences des élus municipaux devraient être développées et acquises.
L’étude de cas, réalisé sur les élus municipaux sénégalais, a permis à M. Cissé d’exploiter « avec profondeur » le processus actuel de la formation continue et d’identifier les pistes de solution. Les résultats de ses recherches lui permettent d’affirmer sans ambages que « la gestion de la formation continue ainsi que l’acquisition et la mise en pratique des connaissances ne permettent pas aux élus municipaux sénégalais de développer leurs compétences ». Mieux, Abdoulaye Cissé dit avoir identifié dans ses recherches « les limites des politiques et pratiques de formation continue » actuellement en vigueur au Sénégal et leurs répercussions sur les compétences.
Dès lors, améliorer le système de formation et le faciliter est le seul moyen, selon lui, de permettre aux élus municipaux de prendre des décisions éclairées et de mener des actions efficaces dans le cadre de la décentralisation politique au Sénégal. « Il est crucial d’examiner les procédures qui facilitent l’apprentissage et créent un environnement propice à l’évolution et au renforcement des capacités de ce système », recommande-t-il.
Les recherches du secrétaire exécutif d’Enda Ecopop, couronnées par la mention « Très honorable », restent une précieuse contribution à la dynamique de formation des élus municipaux au Sénégal. En effet, le Centre national de la fonction publique locale et de la formation (Cnfplf) a initié une série de formations sur la « fonction Rh » dans plusieurs localités du pays. Une manière de renforcer les compétences des agents municipaux. « Sans des ressources humaines de qualité, bien outillées et bien formées, nos politiques de décentralisation peineront toujours à avoir le succès attendu », déclarait Aliou Kébé, directeur général du Cnfplf, dans les colonnes du « Soleil ».
Maguette NDONG

