Cette affaire n’est pas si compliquée à résoudre et des solutions existent si une approche scientifique lucide et rigoureuse est suivie, et si une communication scientifique claire et pertinente est menée, en évitant le débat émotionnel ainsi que la panique, malgré le caractère sensible du couple produit/cible.
La qualité est un attribut intrinsèque d’un produit. Elle est dans le produit, on ne l’y rajoute pas. Elle vise la satisfaction des besoins implicites et explicites des clients, la conformité d’un produit ou service à des normes prédéfinies, ainsi qu’aux attentes des usagers. Différentes approches permettent de la garantir, de la mesurer et de l’évaluer. Parmi celles-ci, il y a d’abord :
• l’existence d’une autorisation légale d’exploitation de l’entreprise ;
• la preuve de la qualité des produits intermédiaires et finis ;
• la qualification des locaux et du matériel (DQ, IQ, OQ, PQ) ;
• l’habilitation du personnel (compétences, choix des hommes) ;
• la validation des procédés et méthodes ;
• la preuve de la qualité des matières premières, des intrants de fabrication et des articles de conditionnement ;
La conformité de tout ce qui précède devrait donner confiance quant à l’obtention de produits de qualité. Toutefois, la confiance n’excluant pas le contrôle, des contrôles obligatoires doivent être menés sur les intrants, les produits en cours de fabrication ainsi que sur les produits finis, en vue de leur libération attestée, suivie de leur commercialisation.
Après la mise sur le marché, un plan de surveillance post-commercialisation est mis en œuvre afin de mesurer la constance de la qualité (incluant l’efficacité, l’innocuité, l’acceptabilité/tolérance), la satisfaction des clients (retours d’expérience), la mitigation des risques, etc. Tout ceci est encadré par des procédures et une démarche scientifique rigoureuse afin d’éviter tout tâtonnement. Dans une approche de RÉGULATION du marché, quelques recommandations peuvent être partagées humblement afin de rassurer le public :
1- « Principe de précaution » : dans le doute, s’abstenir ! Des alternatives provisoires ou définitives existent ;
2- Mise en quarantaine et interdiction temporaire de vente/utilisation du produit suspecté de défaut de qualité ;
3- Contrôle de qualité des lots déjà libérés et issus de la matière première incriminée (suspecte), d’autres lots différents du même fabricant et des autres marques de produits similaires : réaliser un échantillonnage représentatif de l’ensemble des lots du produit incriminé en vente et effectuer un contrôle technico-réglementaire complet à la charge du fabricant (« Principe de due diligence ») ;
4- Élargir le suivi de la qualité aux autres produits similaires disponibles sur le marché.
Tout n’est pas parfait ; la qualité, c’est l’amélioration continue, en ayant le courage de faire une analyse approfondie des causes (RCA – Root Causes Analysis) afin de mettre en œuvre des solutions appropriées et de mesurer les impacts avec des indicateurs SMART.
Tout comme la santé, la qualité n’a pas de prix, mais elle a un coût ! Elle n’est pas négociable, elle se prouve à travers un contrôle approprié et une régulation forte!
Pas de panique, c’est gérable ! Des situations plus complexes ont trouvé un dénouement heureux.
Pr Serigne Omar Sarr
Professeur Titulaire de Chimie Analytique et Bromatologie, Expert en Qualité et Régulation Pharmaceutiques


