A travers la Direction générale du développement communautaire et de la promotion de l’équité (DGDCPE), le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités engage un vaste processus de concertations territoriales dans le cadre de l’élaboration de la Stratégie nationale de l’Équité. L’objectif est clair : réduire les inégalités sociales et territoriales et bâtir une politique sociale plus inclusive, en phase avec la vision Sénégal 2050.
Ces concertations doivent permettre de construire, « avec les territoires et pour les territoires, une politique sociale renouvelée », capable de répondre aux réalités vécues par les populations, selon un document parvenu à la rédaction du Soleil.
Malgré les progrès enregistrés ces dernières décennies (amélioration de l’accès à l’éducation, extension de la couverture sanitaire ou encore investissements dans les infrastructures), les inégalités restent importantes. Le ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités dirigé par Maïmouna Dièye souligne que près de 37 % de la population vit encore en situation de pauvreté, avec des écarts marqués selon les régions. Dans certaines zones rurales, « la pauvreté peut concerner plus d’un ménage sur deux ».
Face à cette situation, la future stratégie entend placer la vulnérabilité au cœur des politiques publiques, en accordant une attention particulière aux familles pauvres, aux femmes, aux jeunes, aux personnes âgées ou encore aux personnes handicapées. Avec Aasiya Gaye, Directrice générale de la DGDCPE, l’idée est d’intégrer, dès la conception des politiques publiques, les réalités sociales et territoriales. Ainsi l’objectif de ces concertations est « de donner la parole aux populations, comprendre les réalités locales, identifier les inégalités sociales et territoriales, prendre en compte les difficultés des couches vulnérables et recueillir les besoins et priorités des communautés », pour Mme Gaye.
Autre axe majeur : la territorialisation des politiques sociales. « Les défis ne sont pas les mêmes à Dakar, à Kaffrine, à Kédougou, à Matam ou à Ziguinchor », souligne le ministère, qui plaide pour des réponses adaptées aux réalités de chaque territoire.
Les concertations prévues à travers le pays doivent ainsi permettre d’écouter les populations et d’identifier les priorités locales. Pour les autorités, la construction d’un Sénégal plus équitable « nécessite l’engagement de l’ensemble des acteurs », notamment les collectivités territoriales, la société civile, les partenaires techniques et financiers et le secteur privé.
Avec cette initiative, le gouvernement veut poser les bases d’un développement plus équilibré, où chaque territoire et chaque citoyen trouvent leur place.
O.B.N


