La liste pour la Coupe du monde 2026 a été livrée la semaine dernière. Et avant ça, les Lions ont foulé le terrain pour la première fois en préparation. Résultat : une défaite contre les États-Unis, et voilà que le Sénégal s’est réveillé peuplé de tacticiens hors pair, d’analystes en chef, d’architectes du jeu qui n’avaient rien demandé. Des Guardiola ont poussé comme des champignons après la pluie.
Sur les réseaux, dans les salons, le verdict est tombé, définitif et sans appel : cette équipe ne vaut rien, le sélectionneur est dépassé, la liste est une catastrophe. Six mois après avoir célébré les Lions champions d’Afrique, certains ont enterré l’équipe nationale le temps d’un match amical. Un match amical. Contre une nation hôte du Mondial, sur son propre sol, en pleine mise en place tactique. Un match dont le seul vrai objectif est de trouver des automatismes, de tester des combinaisons, de faire tourner l’effectif. Mais peu importe les circonstances, l’alarmisme, lui, n’attend pas.
Les certitudes acquises à la Can 2025 n’ont pas volé en éclat en quatre-vingt-dix minutes de préparation. Il faut le rappeler avec force : cette génération de Lions a décroché la Can 2025. Elle l’a fait avec caractère, avec collectif, avec des hommes qui savent ce que représente le maillot qu’ils portent. Ce titre n’était pas un accident. Il était le fruit d’un travail, d’une cohésion, d’une ambition. Rien de tout cela ne s’efface sur un score de préparation.
L’histoire du football est pleine de ces équipes qui ont vacillé en rodage avant de briller quand l’enjeu était réel. L’Espagne, la France, l’Allemagne, chacune a connu ses frayeurs en amont des grandes compétitions. Ce qui compte, ce n’est pas le galop d’essai, c’est la course elle-même.
Alors que font nos Guardiola improvisés en ce moment ? Ils sapent la confiance d’un groupe qui se construit. Ils instillent le doute là où il faut nourrir la conviction. Ils offrent à l’adversaire ce qu’il ne pourrait jamais s’approprier seul : une équipe nationale qui doute d’elle-même avant même d’avoir joué son premier match officiel. Un peuple qui se divise avant la bataille est déjà à moitié vaincu. Faisons bloc, comme le préconise notre hymne national : « épaules contre épaules » !
Cela commence dès ce mardi 16 juin avec un dernier match amical avant face à l’Arabie Saoudite, qui servira de répétition générale avec le grand bal face aux étoiles françaises.
Il y aura bien assez de temps pour les bilans, les analyses, les critiques constructives, et elles auront alors leur pleine légitimité. Mais ce temps, c’est après. Après le groupe. Après les huitièmes, les quarts, les demies, et même la finale que l’on peut aller chercher, après que les Lions auront tout donné sur ces pelouses américaines, canadiennes et mexicaines. C’est là qu’on tirera les enseignements. C’est là qu’on paie les musiciens, ou qu’on leur remet les clés de la piste de danse. Pape Thiaw en tête, le groupe sénégalais composé d’Edouard Mendy, Mory Diaw, Yehvann Diouf, Ismail Jakobs, El Hadj Malick Diouf, Krépin Diatta, Antoine Mendy, Kalidou Koulibaly, Abdoulaye Seck, Moussa Niakhaté, Mamadou Sarr, Gana Gueye, Habib Diarra, Pape Matar Sarr, Pathé Ciss, Pape Gueye, Lamine Camara, Bara Sapoko Ndiaye, Sadio Mané, Ismaila Sarr, Ibrahim Mbaye, Assane Diao, Iliman Ndiaye, Cherif Ndiaye, Bamba Dieng, Nicolas Jackson a une seule ambition, nous rendre fiers.
Aujourd’hui, l’heure n’est pas au procès. L’heure est à se serrer les coudes, à faire bloc derrière nos joueurs, à leur envoyer de Dakar, de Thiès, de Ziguinchor, de la diaspora, toute l’énergie dont ils auront besoin. Le 12e homme ne se contente pas de regarder, il pousse, il croit, il soutient. Réservons nos jugements pour la fin du tournoi. D’ici là, une seule posture mérite un supporter sénégalais digne de ce nom : la foi, le soutien, et la certitude que nos Lions savent se lever quand ça compte vraiment.
C’est à la fin du bal qu’on paie les musiciens. Et ce bal n’a pas encore commencé. En attendant, les pieds trépignent, et l’excitation monte, et comme toujours : Allez les Lions !
Par Oumar Boubacar NDONGO

