Du rond-point Sipres, près de Zac Mbao, à la route Le Rivoli (Rue 1 de Rufisque Est), en passant par les Hlm, notamment à hauteur de la gare Pnr du Ter, automobilistes et usagers de la route souffrent le martyre à cause de la qualité défectueuse de ces infrastructures routières.
RUFISQUE – La sortie 9 de l’autoroute à péage est très sollicitée aux heures de pointe, notamment à celle de la descente. Un flux important de véhicules emprunte cet axe stratégique vers Rufisque et, dans l’autre sens, Keur Massar, la banlieue dakaroise.
À hauteur du rond-point Sipres, deux policiers, le sifflet à la bouche, régulent pour fluidifier le trafic. Parfois même, le rond-point est fermé, obligeant les véhicules à faire le grand détour pour accéder à la Zac Mbao.
Loin des embouteillages, ce qui frappe de prime abord à l’attention, c’est le piteux état de la route. Nids de poule répertoriés à différents endroits. Cette situation rend le passage compliqué pour les véhicules et les contraint, bon gré mal gré, à lever le pied sur l’accélérateur. La plupart d’entre eux bifurquent près du terre-plein pour éviter les crevasses et autres imperfections dommageables.
Le calvaire s’amplifie surtout en période d’hivernage, où ces trous béants sont couverts d’eau stagnante. Telle une zone de turbulence, à l’intérieur des voitures, notamment des lignes de bus Tata, les passagers s’accrochent et valsent entre les mouvements de roulis et de tangage incessants.
Ces nids de poule jonchent également l’axe allant de la clinique Naby jusqu’à la cité Socabeg. Les véhicules font des slaloms pour les éviter.
Pourtant, lors de la réception dudit tournant de 70 mètres entièrement refait en béton armé par la ville, le maire, Dr Oumar Cissé, avait pris l’engagement de combler les nids de poule qui longent cet axe. Jusqu’à présent, ces creux attendent des couches de revêtement.
À l’instar de la cité Socabeg, l’axe Hlm jusqu’à la gare du Ter Pnr porte aussi les traces du caractère défectueux de la voie de circulation. « Une nuit, une voiture de transport en commun a failli renverser brutalement un conducteur de moto “Jakarta” en voulant éviter le dos d’âne sectionné », balance un usager.
Ces ralentisseurs constituent également l’autre problème.
La Route Le Rivoli, une cascade infernale
À défaut d’être surdimensionnés ou sous-dimensionnés, certains dos d’âne situés aux Hlm sont coupés, laissant transparaître le fer.
Avec les chantiers du boulevard Maurice Guèye, une voie de dégagement est indiquée par les tableaux à hauteur du rond-point Dioutiba pour les véhicules en partance pour Thiès.
Au niveau du Pmu pour les paris, jusqu’aux abords du feu rouge, c’est le véritable parcours du combattant. La route, faite en béton armé, sous le poids des gros porteurs, s’est fortement dégradée (des affaissements de 5, voire 10 cm chaque 3 mètres, et une détérioration des raccordements des canaux secondaires relie au grand canal).
Elle renvoie à une image de cascade et de rapides. Sur plus de 500 mètres, la mobilité demeure un véritable purgatoire. Les véhicules sont mis à rude épreuve. Avec dextérité, les conducteurs s’emploient difficilement à s’extirper de ce bourbier peu réconfortant.
Chaque amortissement est accompagné de plaintes de passagers secoués. « L’état de cette route est très inquiétant. Le passage régulier des camions l’a fortement endommagé. Sous peu, je crains qu’aucun véhicule ne puisse passer par là », décrit Babacar Badiane, conducteur de moto « Jakarta ».
Garé sur le côté, ce jeune conducteur souligne que cet axe est impraticable, surtout durant l’hivernage. « L’état pitoyable de la route a un impact négatif sur les organes de la voiture, les amortisseurs et autres… », regrette-t-il.
D’ailleurs, certaines lignes Tata et autres véhicules passent par le marché pour contourner cette souffrance. C’est le cas du charretier, Ousmane. « Vu l’état actuel de la route, j’ai cessé de l’emprunter. C’est à la fois pénible pour le cheval, le conducteur et les clients. Ces secousses à répétition peuvent engendrer des douleurs corporelles », avance-t-il.
Selon le cochet, cette voie secondaire était fluide et en bon état. Seulement, elle n’a pas su contenir l’important trafic journalier.
À quelques encablures, des vendeurs étalent sur le canal fermé de l’ouest leurs marchandises : des chaussures pour hommes. De l’autre côté, entièrement pavé, les jeunes jouent au football, tandis que les personnes du troisième âge, assises sur les bancs aménagés, les observent.
Serigne Khadim Gueye fait partie de la majorité qui réclame avec diligence l’ouverture du boulevard (sens Dakar-Thiès). « Nous sommes fatigués. Rufisque étouffe. Cette situation déteint sur l’économie de la ville », souligne-t-il.
En attendant le bouclage définitif des travaux de Promovilles sur le boulevard Maurice Gueye et de son ouverture, les automobilistes et usagers de la route « Le Rivoli » devront encore prendre leur mal en patience. Sa rénovation ne se fera que par la suite.
Mohamed DIÈNE (Correspondant)

