Dakar offre parfois un décor qui ferait rire s’il n’était pas si triste. Des campements de fortune poussent, sont démantelés, puis réapparaissent plus loin. Bâches, cartons et morceaux de bois deviennent ainsi des éléments du paysage urbain. La présence de mendiants étrangers est devenue si visible qu’elle interroge désormais l’ordre public. Il ne s’agit ni de criminaliser la pauvreté ni de confondre mendicité et délinquance.
Mais l’insalubrité, l’occupation anarchique de l’espace et le sentiment d’insécurité des riverains méritent autre chose que des opérations à répétition. À Colobane, des fauteuils roulants abandonnés après la fuite de personnes qui les utilisaient pour mendier ont même offert une scène surréaliste. À croire que certains miracles commencent à l’arrivée de la police. Le vrai problème, pourtant, n’a rien de drôle.
On déguerpit, ça revient. On déplace, ça repousse. Dakar joue au chat et à la souris avec un phénomène qui semble toujours avoir une longueur d’avance. À quelques semaines des Joj, il serait temps de sortir du bricolage. Une capitale internationale ne peut pas éternellement présenter des cartons comme architecture et la mendicité comme mobilier urbain.
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