On en parle, de cette Kush qui s’installe dans nos rues comme un locataire qui aurait perdu son bail ? Sur les réseaux sociaux, les vidéos virales défilent : des jeunes tanguent comme des bouts de papier dans la bourrasque, le regard éteint, le corps en mode automatique.
Hier, on regardait cela de loin, entre effroi et incrédulité. Aujourd’hui, le spectacle s’invite à Dakar. Et là, bizarrement, ce n’est plus drôle.À la Médina, le 4 août, la police a saisi 13 képas de Kush et interpellé 25 personnes, dont cinq pour offre et cession de drogue.
La Kush n’est donc plus une image venue d’ailleurs. Hélas !
Vendue à bas prix, elle cible une jeunesse déjà fragilisée par le manque de repères et les désillusions. Faudra-t-il attendre des rues peuplées de zombies pour comprendre l’urgence ?
Parce qu’une jeunesse qui tangue n’a pas besoin de spectateurs, mais de secours. Sinon, à force de regarder les corps vaciller, on finira par prendre le vertige pour une politique publique. Et ça, ce serait vraiment planer… sans même avoir fumé !
salla.gueye@lesoleil.sn


