Avant chaque élection, les promesses prennent des ailes. Elles montent si haut qu’elles finissent parfois par dépasser les prières.
À Thiès, Abdoulaye Dièye annonce vingt mille emplois et trois usines dès la première année de mandat s’il est élu à la mairie. L’ambition est belle. Le besoin est réel. Mais la politique souffre d’un étrange privilège. Elle promet sans toujours s’obliger. Les paroles s’envolent, les affiches se décollent et les électeurs restent avec leurs attentes. Abdoulaye Dièye a désormais rendez-vous avec plus exigeant que les applaudissements.
Les citoyens retiendront moins l’ampleur des annonces que leur traduction en actes. Une usine ne sort pas d’un discours. Un emploi ne naît pas d’un slogan. Les hommes religieux promettent le ciel. Les hommes politiques promettent souvent davantage encore. La différence est simple. Les premiers renvoient au mystère de la foi. Les seconds devront, un jour, répondre devant le seul juge qui ne s’impressionne jamais des envolées oratoires, la réalité.
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