Deux ans de prison ferme, c’est la peine infligée, mardi, par le tribunal de Dakar à un maître coranique d’un « daara » (30 ans) et son épouse (29 ans) pour la mort d’un jeune talibé de quinze ans. En 2024, le couple a été inculpé pour violences commises par une personne ayant autorité sur un enfant. Ce énième drame touchant les jeunes talibés nous ramène au martyre que vivent ces gamins confiés par leurs parents à des maîtres coraniques, loin du cocon familial. On peut les apercevoir les petits matins dans les grandes artères de la banlieue dakaroise, ou dans des villes comme Thiès, Saint-Louis, Kaolack, Mbour, entre autres.
Laissés à eux-mêmes, mendiant leur pitance ou des pièces de monnaie, ces talibés sont comme mis au ban de l’éducation nationale, du système sanitaire, de la société tout court. Comme un abandon collectif, nous détournons le regard sur ce phénomène. Nous sommes tous coupables, la société et l’État, de non-assistance à personnes en danger. Chaque enfant talibé qui souffre le martyre emporte ainsi une part de notre humanité…
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